Mario Beauregard

QUÉBEC — Le syndicat des ingénieurs de l’État a décidé de mettre entre parenthèses la grève déclenchée le 24 mai, le temps de consulter ses membres.

Par voie électronique, les ingénieurs devront se prononcer sur les dernières offres du gouvernement, rejetées catégoriquement par leur exécutif.

La parenthèse durera deux semaines. Durant cette période, le syndicat devra décider s’il présente ou non une contre-proposition au gouvernement.

Les 1400 ingénieurs de l’État, qui s’exposaient dans les prochains jours à une loi spéciale, vont donc de leur plein gré retourner au travail, au moins temporairement.

Ces informations ont été confirmées mardi en fin de journée en entrevue téléphonique par le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), Marc-André Martin.

La veille, devant l’impasse constatée entre les deux parties après deux ans et demi de négociations infructueuses, le syndicat avait demandé au gouvernement de nommer un arbitre indépendant dans le dossier. Cette proposition avait aussitôt été rejetée par le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, réaffirmant qu’il n’était pas question que le gouvernement sous-traite à un tiers son droit de gérance.

M. Moreau s’était dit étonné de l’absence d’une contre-offre à la septième offre présentée par le gouvernement la semaine dernière.

Inquiet de voir d’importants chantiers de construction paralysés, M. Moreau a dit à maintes reprises au cours des dernières semaines qu’il n’hésiterait pas à faire adopter une loi spéciale s’il constatait un échec des négociations. Jusqu’à maintenant, cependant, M. Moreau a toujours affirmé qu’il souhaitait un règlement négocié et qu’il croyait la chose encore possible.

Mardi, faisant référence à l’adoption possible d’une loi spéciale avant l’ajournement des travaux parlementaires vendredi, le premier ministre Philippe Couillard a accentué la pression en affirmant: «s’il faut agir, on agira». Il a demandé aux ingénieurs de négocier, «dans l’intérêt général du Québec».

Le ministre des Transports, Laurent Lessard, a ajouté que «la patience (du gouvernement) a atteint sa limite».

Le conflit porte essentiellement sur les salaires. Les ingénieurs estiment avoir droit à un important rattrapage salarial de 16,5 pour cent sur sept ans, que Québec refuse de leur accorder.

En point de presse lundi, Marc-André Martin avait qualifié la position du gouvernement d’intransigeante. Il disait croire que seul un arbitre neutre et indépendant pouvait désormais dénouer l’impasse.

Le syndicat calcule avoir diminué de 30 pour cent ses demandes salariales depuis le début de la grève, sans que Québec bonifie ses offres de son côté.

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