Josie Desmarais/Métro Paul Dyster, maire de Niagara Falls (NY) et président de l'Alliance des villes des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent

Les maires des villes qui bordent les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent s’inquiètent des conséquences des coupes dans le budget fédéral américain dans le plan protection de ces étendues d’eau, où l’eau potable de 48 millions de Canadiens et Américains est puisée.

«Les villes ont désormais un plus grand poids sur leurs épaules, maintenant que le gouvernement ne nous soutient plus» se désole Paul Dyster, maire de Niagara Falls, dans l’état de New York, et président de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent, une coalition de 130 maires américains et canadiens. Réunie en congrès à Montréal cette semaine, l’Alliance tente d’influencer les politiques nationales en faveur de la protection de l’eau du bassin versant. «Nous devons maintenant agir où d’autres ne le peuvent pas», soutient-il. Le maire déplore également le manque de stratégie commune, du côté canadien, pour mieux coordonner les efforts de protection environnementale.

Les maires ont averti des dangers qui menacent l’eau des Grands Lacs, et ultimement celle du fleuve Saint-Laurent, si le budget de l’Initiative de restauration des Grands Lacs (GLRI) de l’Agence de protection environnementale américaine venait à être coupé par le président américain Donald Trump.

La lutte aux carpes asiatiques, une espèce envahissante dangereuse pour la biodiversité indigène ainsi que la réduction des polluants dans l’eau sont des priorités du GLRI. Sa disparition menacerait le travail fait pour contrer ces menaces. «C’est un danger réel», avance la responsable de l’eau au comité exécutif de la ville de Montréal, Chantal Rouleau.

Pour l’année 2018, du moins, les 300 M$ américains nécessaires au GLRI seront reconduits par Washington, mais les années suivantes sont incertaines. « Pour nous, il n’est pas question de reculer, nous avons mis beaucoup collectivement de ressources à réparer les erreurs du passé et nous ne voulons pas commettre de nouvelles erreurs qui pourraient être dévastatrices pour le Saint-Laurent » affirme Mme Rouleau.

Parmi les menaces qui inquiètent les maires de l’Alliance, la présence de micro-organismes toxiques, les cyanobactéries, met sérieusement en péril la qualité de l’eau potable de certaines villes des Grands Lacs. «Les toxines peuvent potentiellement se retrouver dans l’eau [du robinet], confirme la chercheure en génie de l’environnement à l’Université de Montréal, Sarah Dorner. Ça a des conséquences sur la santé publique, en priorité».

Un danger qui ne touche toutefois pas aussi sérieusement les prises d’eau potable de Montréal, explique toutefois Mme Dorner. «On est très choyés à Montréal, notre eau est excellente, dit-elle. Les Grands Lacs retiennent une bonne partie des contaminants.»

Ces cyanobactéries sont alimentées par la présence d’engrais agricoles dans l’eau qui se déverse dans les Grands Lacs à partir d’un territoire immense, donc difficile à réguler. «L’idéal serait un mélange entre des régulations [au niveau national] et de la sensibilisation chez les agriculteurs», affirme Sarah Dorner.

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