Fred Chartrand Fred Chartrand / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le gouvernement du Québec entend bien faire ses devoirs d’ici le 1er juillet 2018, date à laquelle le gouvernement Trudeau légalisera la marijuana, même s’il juge que l’échéancier est serré.

«C’est bien clair que le 1er juillet 2018, ça va être légal. On peut aimer ou ne pas aimer, mais c’est ça qui est ça, a dit le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao, en entrevue. Donc, il va falloir que les provinces soient prêtes et nous le serons.»

Le ministre Leitao était de passage à Ottawa lundi pour participer à la rencontre bisannuelle fédérale-provinciale-territoriale des ministres des Finances.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Justin Trudeau avait fermé la porte aux provinces qui espéraient obtenir un sursis pour la légalisation de la marijuana.

«On a donné beaucoup de temps à tout le monde, a affirmé Justin Trudeau. On a travaillé depuis longtemps avec toutes les provinces, avec toutes les municipalités. On travaille sur un cadre législatif.»

«Il est temps qu’on avance là-dessus», a-t-il ajouté avant de s’engouffrer dans la Chambre des communes pour la période des questions.

Le Manitoba avait demandé en matinée le report de la date butoir du 1er juillet 2018, jugeant que le calendrier était trop serré.

Le gouvernement Trudeau a déposé un projet de loi en avril pour légaliser la marijuana, ce qui laissait 15 mois aux provinces pour s’adapter. Il leur reste maintenant un an.

«C’est précipité», avait lâché le ministre des Finances du Manitoba, Cameron Friesen, avant le début de la rencontre lundi matin.

«Nous n’avons qu’une chance de bien faire les choses.»

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a défendu l’échéancier imposé par son gouvernement.

«C’est très important d’avoir une date fixe», a-t-il soutenu en conférence de presse après la rencontre, spécifiant plus tard en anglais qu’il s’agissait de la meilleure façon de faire bouger les choses.

«Nous avons un « backup plan », donc il y a une façon de faire pour aider les provinces si nécessaire», a-t-il ajouté.

M. Morneau a rappelé que les gens pourraient toujours s’approvisionner en ligne auprès d’un producteur autorisé dans le cas où il n’y aurait pas de réseau de distribution dans leur province. La marijuana serait livrée par la poste ou par service de messagerie.

Leitao rassuré

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, s’est dit rassuré après la rencontre avec ses homologues puisque tous semblaient être sur la même longueur d’onde.

«Nous tous, les provinces et le gouvernement fédéral, nous abordons cette question sous l’angle de la sécurité et de la santé publique, a-t-il expliqué. Donc, ce n’est pas un enjeu commercial où on va aller chercher des revenus mirobolants.»

Les provinces veulent obtenir leur juste part des revenus qui seront générés par la vente de marijuana récréative puisque ce sont elles qui devront composer avec les enjeux liés à la distribution, la santé et la sécurité publique.

Le Québec craint de se retrouver avec un fardeau financier et plaide pour l’imposition d’une taxe provinciale sur les ventes de marijuana suffisamment élevée pour couvrir ses frais.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a indiqué que le gouvernement avait déjà commencé à étudier divers scénarios de taxation, mais qu’il était encore trop tôt pour avancer des chiffres.

«Nous ne sommes pas arrivés à une conclusion aujourd’hui», a-t-il expliqué soulignant au passage que certaines provinces sont plus avancées que d’autres.

«Mais nous avons parlé en général du besoin d’éviter la création d’un marché noir, ce qui nécessiterait un bas taux de taxation.»

Le ministre Morneau a également insisté lors de cette rencontre sur l’importance que les provinces adoptent une approche coordonnée et qu’elles maintiennent une collaboration constante pour éviter de se retrouver avec un écart de taxation trop grand d’un océan à l’autre.

«Il reste beaucoup de questions parce que ce n’était qu’une première rencontre pour discuter des grands principes, a indiqué Carlos Leitao. Là, il faudra rentrer dans les détails.»

Les discussions se poursuivront entre ministères jusqu’à la prochaine réunion fédérale-provinciale-territoriale des ministres des Finances en décembre.

Carlos Leitao espère que ses homologues et lui pourront alors trouver un terrain d’entente.

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