THE CANADIAN PRESS Pierre Paradis

QUÉBEC — L’ex-ministre de l’Agriculture Pierre Paradis est finalement blanchi des allégations d’inconduite sexuelle qui pesaient contre lui. Aucune accusation criminelle ne sera déposée dans ce dossier.

À la suite d’une longue enquête menée par la Sûreté du Québec au cours des derniers mois, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a conclu lundi que la preuve n’était pas suffisante pour porter des accusations contre M. Paradis.

L’avenir politique de l’ex-ministre libéral bientôt âgé de 67 ans et député de Brome-Missisquoi sans interruption depuis 1980 repose donc désormais entre les mains du caucus libéral, qui devra décider s’il accepte ou non de le réintégrer.

Le cas échéant, le premier ministre Philippe Couillard devra mener sa propre réflexion à savoir s’il a l’intention de lui redonner sa place au conseil des ministres. Lundi, lors d’une mêlée de presse, en marge d’une mission qu’il dirige à Washington, M. Couillard a fait preuve d’une grande prudence, refusant mordicus, malgré l’insistance des journalistes, de se prononcer sur la question.

Il reviendra au caucus de trancher, a-t-il dit en substance, refusant de dire s’il avait toujours confiance en son ancien ministre.

«Il est clair que les prochains gestes à poser viendront de conversations avec notre caucus, qui est au coeur de ça. Je ne veux faire aucune annonce, aucune déclaration qui va plus loin, sans avoir parlé aux membres de mon caucus», s’est contenté de dire M. Couillard, refusant d’élaborer.

M. Paradis est en congé de maladie prolongé, depuis maintenant six mois, à la suite d’une vilaine commotion cérébrale qui a laissé d’importantes séquelles. Des sources proches de lui indiquent qu’il prend du mieux, mais que la récupération est très lente. Il est toujours suivi par ses médecins.

Lundi, il a refusé les demandes d’entrevues, conformément à sa façon de faire des derniers six mois. Depuis qu’il a été exclu du conseil des ministres et du caucus libéral et depuis qu’il est en congé de maladie, en janvier dernier, M. Paradis n’a jamais pris la parole publiquement, ne s’est jamais expliqué sur les allégations d’inconduite sexuelle, et n’a jamais remis les pieds à l’Assemblée nationale.

Son bureau de circonscription s’est aussi refusé à tout commentaire lundi.

Une ancienne employée de cabinet de M. Paradis avait porté plainte contre lui, alléguant qu’il lui avait fait subir des gestes à caractère sexuel sur les lieux de travail.

La plaignante a été mise au courant lundi de la décision du DPCP, avant qu’elle soit rendue publique.

Dans le communiqué diffusé lundi, le DPCP rappelle qu’en droit criminel «le fardeau de la preuve que doit satisfaire la poursuite est très exigeant».

«Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’est pas raisonnablement convaincu de pouvoir établir la culpabilité de cette personne», a-t-il conclu après étude du dossier, en parlant de M. Paradis.

«En conséquence, aucune accusation criminelle ne sera déposée dans ce dossier», a ajouté le DPCP.

En principe, la voie est donc libre pour que M. Paradis retrouve sa place au sein de l’équipe libérale.

Mais on ne sait toujours pas s’il veut revenir, ni si son état de santé lui permet de terminer son mandat.

Surtout, on ignore quel accueil lui réserveraient ses anciens collègues.

La présidente du caucus, Nicole Ménard, prévoit le contacter dans les prochains jours pour connaître ses intentions.

M. Paradis n’a toujours pas repris ses activités de député. Tous les printemps, il fixe une rencontre avec les maires de sa circonscription pour faire le point sur les dossiers, mais cette fois-ci la rencontre a été reportée à plus tard.

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