THE CANADIAN PRESS/AP-Evan Vucci Robert Lighthizer.

OTTAWA — Le représentant américain au Commerce a répété jeudi que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) devra être renégocié sans nuire aux intérêts des agriculteurs américains.

Robert Lighthizer comparaissait jeudi devant un comité de la Chambre des représentants, à Washington. Il a rappelé que son objectif est de moderniser l’accord vieux de 23 ans tout en protégeant les acquis dont bénéficient déjà les producteurs agricoles américains en vertu de l’ALÉNA actuel. Il a promis que les négociateurs placeront tout en haut de leurs priorités la protection des produits agricoles américains vendus au Canada et au Mexique.

Le président américain, Donald Trump, a déjà prévenu qu’il souhaitait plus que des «modifications mineures» à cet accord «désastreux», sans quoi il serait prêt à le laisser tomber purement et simplement.

Les réponses de M. Lighthizer, jeudi, aux questions des membres du comité «des voies et moyens» de la Chambre laissent plutôt croire que la Maison-Blanche adopterait l’«approche chirurgicale» dans ces négociations, afin de ménager les intérêts américains là où l’ALÉNA a été bénéfique.

Le responsable de la politique commerciale internationale des États-Unis à la Maison-Blanche a ainsi clairement indiqué qu’il ne négocierait pas de nouvelles barrières commerciales dans le secteur agricole.

Le représentant républicain du Missouri Jason Smith a rappelé que les électeurs de son État blâmaient l’ALÉNA pour les pertes d’emplois dans des secteurs comme la chaussure, les vélos et le vêtement. Il a souhaité une modernisation pour le secteur manufacturier, mais sans toucher aux acquis en agriculture.

Un peu plus tôt jeudi, le premier ministre Justin Trudeau rappelait au New York Times que l’ALÉNA avait été amélioré une douzaine de fois depuis sa ratification. «Le Canada est beaucoup plus important pour les États-Unis que ce que peuvent croire les États-Unis», a-t-il soutenu dans une entrevue au grand quotidien américain. «Je peux comprendre que certains disent: ‘Oh, il faut améliorer ceci, c’est terrible’. Mais en réalité, (l’ALÉNA) a permis la création d’un nombre incroyable d’emplois dans les deux pays.»

Mercredi, devant le comité sénatorial des finances, M. Lighthizer indiquait qu’il souhaitait procéder le plus rapidement possible dans ce dossier, mais pas au détriment d’un «bon accord». Ces négociations pourraient débuter dès le 16 août — immédiatement après la période de consultations de 90 jours prévue par la loi aux États-Unis. Mais le représentant américain au Commerce ne se sent pas tenu de conclure à tout prix un nouvel accord avant la fin de cette année.

Les gouvernements du Mexique et des États-Unis espèrent tous les deux la conclusion d’une entente d’ici le premier trimestre de 2018. Des élections générales sont prévues au Mexique en juillet 2018, et les élections de mi-mandat aux États-Unis auront lieu l’automne suivant. Par ailleurs, le candidat de la gauche populiste à la présidentielle mexicaine, Andres Manuel Lopez Obrador, actuellement favori dans les sondages, n’aime pas beaucoup cet ALÉNA.

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