TC Media – Denis Germain Thierry Hinse-Fillion patrouillera les skateparks de Longueuil sur sa planche cet été.

Thierry Hinse-Fillion avait déjà l’idée hors de l’ordinaire d’un patrouilleur en planche à roulettes lorsqu’il a rejoint les rangs du Service de police de l’Agglomération de Longueuil (SPAL), il y a trois ans. L’idée a depuis fait son chemin, si bien que depuis le 19 juin, armée de sa planche, de ses souliers de skate et d’un casque, il sillonne les huit skateparks du territoire pour s’adresser directement aux jeunes.

Le patrouilleur de 32 ans réunira donc cet été ses deux plus grandes passions: son travail de policier et sa pratique de la planche à roulettes.

Le travail de Thierry Hinse-Fillion sera essentiellement de prévenir la consommation et la vente de drogues, ainsi que de contrer l’intimidation et de montrer l’exemple aux jeunes.

«Notre travail, ce n’est pas juste de la répression, c’est aussi de l’écoute, lance d’emblée le patrouilleur. Mon rôle est en fait de faire de la répression sans qu’il n’y en ait, tout simplement en étant présent sur le terrain. Ce que je fais s’apparente plus à de la prévention.»

«Malheureusement, beaucoup de jeunes ont une mauvaise image des policiers, une perception qui leur est parfois transmise par leurs parents, poursuit-il. Je pense que mon travail va permettre de nouer de meilleures relations avec la communauté, mais aussi de donner une image positive du corps policier aux jeunes.»

Une idée originale
Bien qu’il croyait fermement au potentiel de son projet, Thierry Hinse-Fillion a dû convaincre la direction du SPAL que le jeu en valait la chandelle.

«Un an après mon arrivée avec le Service de police, j’ai commencé à discuter avec mon sergent de l’idée d’avoir un policier en skate, explique-t-il. Il fallait que je leur démontre que ça en valait vraiment la peine parce qu’un policier dans les skateparks, ça veut dire un patrouilleur de moins sur les routes. Ce n’est pas négligeable.»

Dans ses temps libres, il a bâti son projet en s’inspirant d’une initiative similaire de la police de Green Bay, au Wisconsin. Un processus qui lui a pris près de deux ans.

«J’ai longtemps pensé que ça n’aboutirait pas, se rappelle le jeune homme. L’arrivée de notre nouveau directeur [Fady Dagher] a beaucoup aidé. Quand je lui ai parlé de mon projet, il a tout de suite beaucoup aimé. Depuis qu’il est en poste, il veut que le corps de police se rapproche de la communauté et je pense que ce type de projet en est une bonne démonstration.»

«Pas de la frime»
Bien que le projet n’en soit qu’à ses débuts, l’agent Hinse-Fillion estime déjà voir la différence sur le terrain.

«La réaction des jeunes est très positive, explique le policier. Au début, ils ont l’air de se demander ce que je fais là, mais quand je commence à skater, ils comprennent que ce n’est pas de la frime. Beaucoup viennent discuter avec moi et me demandent si je suis un vrai policier. Finalement, ceux que ma présence dérange finissent par quitter.»

Thierry Hinse-Fillion croit que, bien que la délinquance juvénile est présente dans l’agglomération, comme dans toutes les autres villes, il n’y a pas de problèmes particuliers avec les skateparks sur le territoire. Le patrouilleur estime que sa présence sera rassurante pour les citoyens.

«Un père de famille est venu me remercier en m’expliquant que son fils avait peur de venir au skatepark parce que des plus vieux lui faisaient peur, raconte le policier. Il m’a dit qu’avec ma présence, il n’était plus dérangé. Je crois que ça illustre très bien la pertinence de ce projet.»

Le projet-pilote devrait durer jusqu’à la mi-septembre. Et bien qu’il soit encore trop tôt pour savoir si l’initiative sera reconduite l’an prochain, Thierry Hinse-Fillion a bon espoir de voir le rôle de patrouilleur en planche à roulettes s’installer de façon durable.

«Il y a un engouement pour ce genre de projet, explique-t-il. Je vois la réaction des jeunes sur les réseaux sociaux après mon passage. Je pense que ça va avoir un grand succès.»

Comprendre les jeunes
C’est connu, pour bien s’adresser aux jeunes, il faut connaître leur réalité et comprendre leurs frustrations.

Cette réalité, le patrouilleur de 32 ans la connaît bien, lui qui a été décrocheur durant sa jeunesse.

«J’ai été comme ces jeunes-là, explique Thierry Hinse-Fillion. Je n’avais pas de bonnes notes à l’école, je détestais ça. J’ai décroché à 15 ans.»

De son propre avis, il était un ado un peu marginal qui passait ses journées à faire de la planche à roulettes sur le parquet de l’église de son village. Il est finalement retourné sur les bancs d’école à 21 ans pour terminer son secondaire et réaliser son rêve de devenir policier.

«Des fois, ils ont juste besoin d’une tape dans le dos et d’avoir des modèles positifs, explique-t-il. Souvent, ils n’écoutent pas les plus vieux parce qu’ils pensent qu’ils ne connaissent pas ce qu’ils vivent. Moi, je connais cette réalité et c’est pourquoi je pense que je peux avoir de bons conseils pour eux.»

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