Getty Images Justin Trudeau.

OTTAWA — Justin Trudeau amorce lundi une mission en Europe qui se terminera par la rencontre des pays du G20 — un sommet qui servira de test pour sa nouvelle politique étrangère visant à tailler une place dans le monde au Canada.

Le ton est donné pour le sommet de vendredi, qui se déroulera à Hambourg, en Allemagne. L’hôte de la rencontre, la chancelière allemande Angela Merkel, a ouvertement critiqué les politiques du président américain, Donald Trump, sans le nommer.

Lors d’un discours au Parlement allemand la semaine dernière, Mme Merkel a déclaré que «toute personne qui croit pouvoir régler les problèmes du monde par l’isolationnisme et le protectionnisme se trompe» — une flèche contre la politique de «l’Amérique d’abord» prônée par le président américain.

Ses priorités en vue du G20 — une plus grande coopération mondiale pour lutter contre les changements climatiques et le terrorisme, en plus de renforcer le commerce mondial — sont radicalement différentes de celles de M. Trump, qui selon plusieurs, veut isoler les États-Unis du reste du monde.

M. Trump, pour sa part, s’est livré à une guerre de mots avec la dirigeante allemande, soulignant le «déficit commercial massif» que les États-Unis ont avec l’Allemagne et menaçant d’imposer des taxes d’importation sur les véhicules construits en Allemagne.

Le mois dernier, au sommet du G7 en Italie, le président américain s’est retrouvé isolé alors que les six autres dirigeants, dont Mme Merkel et M. Trudeau, l’avaient exhorté à rester dans l’Accord de Paris sur le climat, un traité international visant à limiter le réchauffement planétaire en deçà de deux degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle.

M. Trump s’est braqué et a refusé de signer le communiqué du G7 portant sur cet accord et a plus tard annoncé que les États-Unis se retiraient de celui-ci.

Depuis ce temps, la chancelière allemande a travaillé fort pour promouvoir l’accord auprès des autres dirigeants du G20, dont la Chine, l’Inde, le Mexique et l’Argentine.

Quant à M. Trudeau, il est limité dans ce qu’il peut faire en raison des liens géographiques et commerciaux du Canada avec les États-Unis — ce qui le place dans une situation particulière dans ce type de rencontre, a souligné Colin Robertson, un ancien diplomate canadien.

«Le reste du monde a été impressionné par la façon dont Justin Trudeau a géré M. Trump», a-t-il analysé.

En même temps, le Canada veut tracer son propre chemin, a signalé la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, dans sa nouvelle politique étrangère. Cette nouvelle trajectoire comprend le renforcement des organisations multilatérales, dont les Nations unies, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

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