Adrian Wyld/La Presse Canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

MONTRÉAL — Les négociations entre Québec et l’industrie du médicament générique se poursuivaient encore jeudi. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est dit prêt à donner encore un peu de temps à l’industrie pour qu’elle bonifie sa proposition de coût, mais sa patience a des limites.

«Il ne faut pas traîner», a-t-il lancé, jeudi, lorsqu’il était interrogé à ce sujet, après une conférence de presse à Montréal portant sur un autre sujet.

Il a déjà prévenu que s’il n’y avait pas d’entente entre les parties, il irait de l’avant avec ce que lui permet la loi, à savoir lancer un appel d’offres public pour obtenir le meilleur prix possible pour l’ensemble des Québécois.

Interrogé à savoir jusqu’à quand il était prêt à attendre, lui qui a déjà lancé un premier ultimatum, qui est déjà dépassé, le ministre n’a pas voulu donner d’échéancier précis.

Il a expliqué que depuis qu’il avait lancé son ultimatum à l’industrie, celle-ci avait répliqué par une offre au départ intéressante, mais qu’elle avait subitement retirée. Cette offre aurait réduit les coûts de 300 millions $.

L’industrie doit maintenant formuler d’autres propositions à Québec, a-t-il indiqué. Et, comme il dit constater des progrès dans ces discussions, il est prêt à attendre encore un peu. «Encore aujourd’hui, ça bouge», a-t-il rapporté. En anglais, il a toutefois ajouté qu’«on arrive à la limite».

Québec dépense déjà quelque 800 millions $ par année pour les médicaments génériques et il veut réduire ces coûts.

Réactions

De son côté, le Conseil pour la protection des malades (CPM) trouve en principe louable l’idée de vouloir réduire collectivement le coût des médicaments génériques.

«C’est peut-être une stratégie noble que de se donner un levier de plus pour négocier, mettre de la pression sur cette industrie-là, qui, certainement, n’est pas à la veille de faire faillite. Et si c’est le cas et qu’une entente survient, tant mieux, bravo! Les patients auront gagné et, j’espère, le gouvernement aussi, ainsi que l’industrie. Et tout le monde sera content», s’est exclamé le président du CPM, Paul Brunet.

Néanmoins, il exprime une certaine inquiétude pour la qualité des médicaments et la sécurité des approvisionnements, si le gouvernement procède par appel d’offres en accordant le contrat au plus bas soumissionnaire conforme.

«Quand, comme c’est arrivé dans certains pays d’Europe du Nord, on va acheter les moins chers de certains médicaments génériques, qui vont venir de la Chine ou d’autres pays, où les exigences, les normes de qualité, de sécurité des produits vont créer plus de maladies que de soins aux malades, est-ce qu’il va être encore temps de rappeler au ministre qu’on aurait peut-être dû mettre des éléments de qualité et de sécurité? On est très inquiet de ça», a commenté M. Brunet.

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