TORONTO — Le gouvernement libéral de l’Ontario amorce les audiences publiques sur une hausse du salaire minimum jusqu’à 15 $ l’heure d’ici un an et demi — une idée qui fait son chemin en Amérique du Nord depuis quelque temps.

Les audiences publiques itinérantes ont débuté lundi en Ontario afin d’étudier ce projet de loi sur la réforme du travail, qui prévoit aussi l’équité salariale pour les travailleurs à temps partiel, une amélioration du régime général de vacances et une bonification des «congés d’urgence personnelle».

En vertu de ce projet de loi, le salaire minimum, qui est actuellement indexé sur l’inflation, passerait de 11,40 $ à 11,60 $ l’heure en octobre prochain, puis à 14 $ le 1er janvier 2018, et finalement à 15 $ en 2019.

Les gens d’affaires s’opposent vigoureusement à cette augmentation «arbitraire» — particulièrement à son rythme de croissance jugé trop rapide. Dans une lettre à la première ministre Kathleen Wynne, un regroupement patronal soutient que de petites et moyennes entreprises pourraient devoir fermer leurs portes ou même faire faillite. Les gens d’affaires ont vainement demandé au gouvernement de mener d’abord une étude sur les impacts économiques d’une telle mesure, et ils prévoient publier leur propre rapport à ce sujet le mois prochain.

La coalition soutient que les employeurs doivent pouvoir prévoir à temps tout changement dans leurs coûts de main-d’oeuvre s’ils veulent protéger les emplois et planifier l’avenir. Le regroupement patronal soutient que les entreprises «ne pourront absolument pas absorber en moins de 18 mois une hausse de 32 pour cent (du salaire minimum), ou même s’y ajuster».

Le ministre du Développement économique, Brad Duguid, indique que le gouvernement est sensible aux inquiétudes des dirigeants d’entreprises — en particulier ceux des PME. Il se dit ouvert aux suggestions pour atténuer les conséquences indésirables de cette mesure.

Une étude contradictoire
Dans une récente étude menée à Seattle, des chercheurs concluaient que la hausse du salaire minimum là-bas avait été en fait néfaste pour les travailleurs à faible revenu, qui en perdaient parfois leur emploi. D’autres chercheurs ont cependant critiqué la méthodologie de cette étude, dont les résultats contredisent ceux d’études précédentes sur le sujet, note l’économiste canadien Lars Osberg, qui a signé, avec 50 de ses collègues, une lettre favorable au salaire minimum à 15 $.

«Pendant des années, plusieurs membres de la profession se sont fortement inquiétés de cet effet pervers, mais depuis une vingtaine d’années, les études concluent que cette mesure n’a que très peu d’impact sur le déplacement de l’emploi», soutient le professeur Osberg, de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse. Ces études démontrent plutôt qu’une hausse du salaire minimum augmente le pouvoir d’achat des travailleurs, et favorise donc la consommation et l’activité économique en général, rappelle-t-il.

La commission parlementaire qui étudie le projet de loi ontarien visitera cette semaine Thunder Bay, North Bay, Ottawa, Kingston et Windsor; elle sera la semaine prochaine à London, Kitchener, Niagara Falls, Hamilton et Toronto.

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