Mario Beauregard | Métro

MONTRÉAL — Hydro-Québec a demandé mardi à la Régie de l’énergie la permission de hausser de 1,1 pour cent l’an prochain les tarifs d’électricité pour tous ses clients résidentiels et la majorité de ses clients d’affaires.

La société d’État avait demandé l’an dernier de hausser ses tarifs résidentiels de 1,6 pour cent, mais la Régie lui avait accordé 0,7 pour cent d’augmentation, pour la deuxième année consécutive.

Hydro-Québec attribue la hausse de 1,1 pour cent réclamée cette année à l’augmentation des coûts d’achat d’électricité (1,7 pour cent), à l’impact de la mise en service de différents équipements de transport à haute tension (0,9 pour cent), et à l’augmentation de certains coûts de distribution, notamment la «maîtrise de la végétation» autour des lignes (0,3 pour cent) — pour un total de 2,9 pour cent de hausse des coûts de production.

L’augmentation des coûts d’achat d’électricité s’explique, selon Hydro, par l’indexation du «bloc patrimonial», comme le veut la loi, et les coûts de l’énergie éolienne, de la biomasse et de petites centrales hydrauliques. Le bas tarif du «bloc patrimonial» pour les clients québécois (165 milliards de kW/h) est indexé chaque année à l’Indice des prix à la consommation.

Par contre, Hydro-Québec ajoute que la hausse demandée à la Régie sera «limitée» à 1,1 pour cent grâce aux températures plus clémentes des deux derniers hivers (-1,3 pour cent) et grâce à la croissance de la demande au Québec (-0,5 pour cent), découlant notamment de la conversion à l’électricité d’équipements de la clientèle d’affaires, et à l’installation au Québec de centres de données.

Selon Hydro, l’impact de cette hausse tarifaire de 1,1 pour cent, à compter du 1er avril prochain, représenterait 47 cents par mois pour un logement, 1,48 $ pour une petite maison, 2,21 $ pour une maison moyenne et 2,95 $ pour une grande maison.

«Pour la troisième année consécutive, Hydro-Québec respecte son engagement pris envers nos clients et demande un ajustement des tarifs en dessous de l’inflation, à 1,1 pour cent», a soutenu mardi Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec.

Le directeur pour le Québec de la Fédération canadienne des contribuables, Carl Vallée, convient qu’il s’agit d’une «hausse somme toute modeste, probablement normale dans un environnement d’affaires où les coûts d’opération augmentent».

Son organisation demande toutefois à Hydro-Québec de réduire ses coûts internes par des gains d’efficacité afin de limiter d’éventuelles hausses de tarifs.

Les petites et moyennes entreprises dénoncent quant à elles la potentielle hausse de tarif, en soulignant qu’elles paient déjà de 15 à 30 pour cent plus cher pour leur électricité que les autres groupes tarifaires.

La vice-présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Martine Hébert, réclame donc «une réduction ou un gel de tarifs pour les classes tarifaires appliquées aux PME».

En ce qui concerne les clients industriels, la hausse au 1er avril 2018 serait de 0,8 pour cent, si la Régie accepte cette proposition. En vertu de la Loi sur la Régie de l’énergie, «l’indexation du prix de l’électricité patrimoniale ne touche pas les clients industriels de grande puissance» (tarif L), précise Hydro-Québec.

En avril dernier, les grands clients industriels d’Hydro avaient dû absorber une augmentation de 0,2 pour cent, après un gel d’un an. La société d’État avait réclamé à la Régie une hausse de 1,1 pour cent.

La Régie de l’énergie tiendra des audiences publiques à ce sujet en décembre; elle rend habituellement sa décision au début de mars.

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