Denis Beaumont | Métro

MONTRÉAL — Fierté Montréal lance cette semaine les toutes premières célébrations pancanadiennes de la diversité sexuelle, qui s’étireront du 10 au 20 août dans la métropole québécoise.

Le vice-président de l’organisme, Jean-Sébastien Boudreault, précise que ce projet était en chantier depuis 2014.

«On s’est dit qu’il y a le World Pride, un Euro Pride et on s’est dit que le Canada est tellement un pays leader dans les droits LGBT qu’on a de la place pour une Fierté pancanadienne», a-t-il exposé.

Le coup d’envoi de Fierté Canada sera donné vendredi par Gregory Charles, Marie-Mai, Karim Ouellet et une myriade d’autres vedettes locales dans le cadre du spectacle «Montréal est fière».

En plus d’élargir les festivités à l’échelle nationale, Fierté Montréal s’arrime cette année avec le 150e anniversaire de la fédération canadienne, de même que le 375e de Montréal.

«Je m’amuse beaucoup à dire que Fierté Canada, c’est Fierté Montréal sur les stéroïdes», a lancé M. Boudreault en entrevue avec La Presse canadienne.

Cette nouvelle envergure transparaît notamment à travers le traditionnel défilé, qui passera d’un trajet de deux à trois kilomètres et de 14 à plus de 25 chars allégoriques.

Fierté Montréal, qui en est pour sa part à sa 11e présentation, a d’ailleurs choisi d’élire domicile au parc des Faubourgs cette année, sans pour autant délaisser la place Émilie-Gamelin, d’une plus petite capacité.

Avec pour tête d’affiche Nelly Furtado, cette présentation spéciale de l’événement accueillera également 12 participantes de l’émission «RuPaul’s Drag Race».

Jean-Sébatien Boudreault dit espérer que l’ampleur du festival montréalais — «la plus grande Fierté francophone au monde» — continuera de se décupler dans les années à venir.

Quant à la Fierté pancanadienne, elle ne reviendra qu’en 2020, à Winnipeg.

Se tendre la main entre minorités

«Pendant longtemps, les lesbiennes et gais, nous avons demandé à nos alliés hétéros de nous aider à faire avancer les causes. Et maintenant, c’est aux lesbiennes et aux gais d’être des alliés pour les minorités», soutient Jean-Sébastien Boudreault.

Des «espaces sécuritaires» ont été délimités sur le site, où des intervenants seront disponibles pour les jeunes et les personnes transgenres ou racisées. Leur mission consistera aussi à éduquer les festivaliers sur les minorités au sein de la communauté, qui comprend notamment des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles, transgenres, intersexes, queer et bispirituelles.

«Montréal a toujours eu un rôle de leader, de ville ouverte et accueillante pour les LGBT. Et c’est de démontrer qu’on veut continuer à travailler vers l’égalité et l’acceptation», avance M. Boudreault, qui croit qu’il reste encore beaucoup à faire.

Par souci d’inclusion, l’organisation a placé un contingent des Premières Nations à la tête du défilé, prévu le 20 août.

Un volet plus revendicateur sera également ouvert par la tenue de deux conférences sur les droits de la diversité sexuelle et la pluralité des genres au Canada, de même qu’au sein de l’ensemble de la francophonie.

Le congrès international «Égalité et légalité» — une première mondiale — jettera notamment un regard sur l’intégration de nouveaux arrivants, l’homoparentalité et les avancées juridiques dans divers pays à travers le monde.

«Il n’y a pas beaucoup de pays africains où on a une acceptation légale, et encore moins sociétale», a illustré M. Boudreault, qui voit ce rassemblement comme une occasion pour le Canada de se montrer à l’écoute plutôt que d’adopter un ton «colonisateur» en se posant comme modèle.

M. Boudreault a tenu à rappeler la nature d’abord politique du défilé.

«Il faut célébrer nos acquis. Il faut regarder où on en est aujourd’hui et ne pas avoir peur de dire ce qu’il reste à faire», a-t-il martelé.

«Tant que les jeunes LGBTQ se suicideront six fois plus que la population en général, tant que les personnes trans ne pourront pas ouvertement vivre leur vie sans qu’on se préoccupe de ce qu’ils et elles ont dans leur pantalon, tant que les jeunes enfants intersexués passeront au bistouri sans qu’ils et elles puissent décider de leur identité, tant que l’homophobie dans le sport et l’intimidation à l’école seront présentes, nous nous devons de poursuivre nos combats pour nos communautés, notamment en organisant la Fierté», a renchéri le président et fondateur de Fierté Montréal, Éric Pineault.

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