Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le premier ministre Philippe Couillard craint les «conséquences diplomatiques» que pourrait entraîner une suspension de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs comme l’a suggéré le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, pour faire face à l’afflux de demandeurs d’asile à la frontière canado-américaine.

En conférence de presse à la clôture du congrès des jeunes du Parti libéral du Québec, dimanche après-midi, le premier ministre a affirmé qu’une telle décision aurait des impacts néfastes sur le Canada et le Québec.

Le chef péquiste a envoyé une lettre aux premiers ministres du Québec et du Canada, vendredi, pour les encourager à suspendre ce traité entre les deux pays «pour mettre fin à cette situation irrégulière» à la frontière canadienne.

Selon l’Entente sur les tiers pays sûrs, les réfugiés doivent demander l’asile au premier des deux pays où ils arrivent — dans le cas de plusieurs migrants, il s’agit des États-Unis. S’ils essaient de se rendre ensuite au Canada légalement, ils sont refoulés dans le premier pays où ils ont demandé l’asile. Mais s’ils franchissent illégalement la frontière, il est possible pour eux de demander le statut de réfugié au Canada.

Dans sa missive dont il a partagé une copie sur les réseaux sociaux, M. Lisée souligne que la suspension de cette entente permettrait aux demandeurs d’asile de se rendre aux postes frontaliers officiels «qui disposent déjà de toutes les installations requises pour les accueillir dans des conditions beaucoup plus humaines et sécuritaires».

M. Couillard a salué la «bonne volonté» et la proposition «constructive» de son collègue de l’opposition, mais il l’a invité à étudier davantage cette question pour prendre conscience des répercussions d’une telle décision.

«S’il fallait que le Canada déclare ex cathedra que les États-Unis ne sont plus un pays tiers sûr, les conséquences diplomatiques, les conséquences négatives sur le Québec et le Canada seraient majeures», a-t-il déclaré.

Il a rappelé que les demandeurs d’asile qui franchissent la frontière «n’ont aucune garantie de succès» dans leur démarche pour être accueillis comme réfugiés au Québec.

Dans un message partagé sur son compte Facebook après la déclaration du premier ministre, M. Lisée lui a reproché d’avoir «peur d’avoir peur».

«Alors qu’une situation exceptionnelle à notre frontière rendrait parfaitement justifiée et parfaitement explicable une suspension de l’entente, Philippe Couillard a la réaction de celui qui a peur du voisin américain», déplore-t-il.

«Il (M. Couillard) n’est pas guidé par l’intérêt national, il n’a pas confiance en notre capacité de plaider notre cause, il ferme le dossier, « au cas où » ce serait mal interprété», ajoute-t-il.

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