Andrew Vaughan/PC Melanie Mackenzie

HALIFAX — La Nouvelle-Écosse est devenue l’une des provinces canadiennes où l’accès à l’avortement est le plus restreint, selon des défenseurs du droit à l’avortement.

Dans cette province, les femmes doivent obtenir une référence d’un médecin et subir des tests avant de fixer un rendez-vous pour un avortement, ce qui peut s’avérer long pour cette intervention urgente. De plus, la province ne couvre pas les frais des interruptions de grossesse effectuées à l’aide de médicaments.

Par ailleurs, il n’existe pas en Nouvelle-Écosse de cliniques privées ou externes pour les avortements; ils sont pratiqués seulement dans les hôpitaux. La clinique Morgentaler, où les femmes devaient payer de leur proche l’intervention, a fermé ses portes en 2003.

L’unité d’interruption de grossesse au Queen Elizabeth II Health Sciences Centre de Halifax — où plus de 85 pour cent des avortements dans la province ont lieu — ne fixe des rendez-vous que pour les femmes qui sont au moins enceintes de huit semaines.

Alors que peu de médecins prescrivent la pilule abortive Mifegymiso — un médicament onéreux qui n’est pas couvert par l’assurance universelle de la province — les femmes qui souhaitent interrompre leur grossesse sont forcées à attendre.

Darrah Teitel, de l’organisation Action Canada pour la santé et les droits sexuels, estime que la Nouvelle-Écosse est l’un des pires endroits au pays pour subir cette intervention.

Mme Teitel croit d’ailleurs que la politique en place en Nouvelle-Écosse est inconstitutionnelle en vertu de l’arrêt Morgentaler de la Cour suprême.

«Les femmes de la Nouvelle-Écosse sont forcées d’endurer ces délais et il n’y a pas la moindre raison pourquoi les avortements ne devraient pas être obtenus sans l’autorisation d’un médecin comme c’est le cas partout au pays», a-t-elle expliqué.

La province a déjà été l’un des endroits de la région où il était le plus facile d’obtenir un avortement, mais dans les trois dernières années, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard ont modifié leurs politiques pour rendre plus accessible l’intervention.

Il y a cinq ans, Melanie Mackenzie est tombée enceinte. Sa pilule contraceptive n’avait pas fonctionné et la femme de 29 ans à l’époque voulait se faire avorter.

Elle était allée voir son médecin de famille, qui l’a avertie d’un délai d’attente. Elle a finalement dû patienter deux mois pour son intervention, alors qu’elle était enceinte de 12 semaines.

«C’était les pires deux mois de ma vie. Tout ça avait l’air d’une punition», a-t-elle confié.

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