Marco Ugarte Marco Ugarte / The Associated Press

Après deux rondes plutôt infructueuses de renégociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le député de Mercier Amir Khadir s’inquiète de la «position de faiblesse» des gouvernements canadien et québécois.

«Partir en négociations avec un géant comme les États-Unis en donnant l’impression qu’on dépend complètement de cette entente, c’est une position de faiblesse absolument incroyable», clame M. Khadir.

Selon le député de Québec solidaire (QS), les gouvernements canadien et québécois doivent montrer «un peu de cran» plutôt que de tenter de sauver l’entente. «Si Donald Trump a une stratégie qui vise à dire qu’il déchirera l’entente, MM. Couillard et Trudeau devraient au moins dire qu’on n’acceptera pas des changements qui ne sont pas bons pour les travailleurs canadiens», juge M. Khadir.

Le professeur d’économie à HEC Montréal et chercheur à l’Institut économique de Montréal, Germain Belzile, croit que le Canada est «sur la défensive», car il représente un très petit joueur pour les États-Unis. «On pourrait se passer de cet accord, mais il est beaucoup plus important pour nous que pour les États-Unis, soutient M. Belzile. Les deux tiers de notre commerce extérieur sont faits avec les États-Unis.»

L’économiste croit qu’il est «hautement improbable» que l’ALÉNA tombe, mais se dit «moins optimiste qu’il y a deux ou trois mois». «Je crois que M. Trump souhaite surtout pouvoir dire qu’il a gagné quelque chose pour les travailleurs américains, et il n’a pas besoin de tout chambouler pour ça», dit-il.

Le Canada devrait renégocier l’accord «dans l’intérêt de la population, plutôt que celui des élites économiques», soutient Amir Khadir. «Ces modèles économiques sont en panne et sont décriés aux États-Unis, car ils accroissent les inégalités», dit-il. Si le gouvernement fédéral consultait la population, cela «en boucherait un coin à M. Trump, qui se prétend un grand représentant du peuple», dit-il.

«Plutôt que de tenter de le préserver, le Canada et le Québec auraient intérêt à reconnaître l’échec de l’ALÉNA et à le revoir pour que ce soit un accord plus juste envers la société et les gens.» –Amir Khadir

Plan B
Alors que des négociateurs mexicains ont dit que le pays avait assez d’ententes bilatérales pour se passer de l’ALÉNA, le député de Québec solidaire croit que le plan B du gouvernement canadien ne devrait surtout pas se «rabattre sur des ententes semblables [à l’ALÉNA] avec d’autres pays». Il ajoute qu’on pourrait se passer de l’accord, même si cela nécessitera des «années difficiles de transition».

«On ne remplace pas un partenaire économique comme les États-Unis, affirme Germain Belzile. Mais si l’accord tombait, on revient aux règles de l’Organisation mondiale du commerce qui garantit qu’on obtient les mêmes tarifs douaniers que les autres pays du monde. Donc il n’y pas une différence si majeure au niveau des tarifs.»

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