QUÉBEC — La ligne dure est la voie à suivre pour assurer l’encadrement le plus strict possible de la consommation légale de marijuana, selon la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le gouvernement Couillard a prévu afficher ses couleurs cet automne pour dire comment il va donner suite à la décision d’Ottawa de légaliser le cannabis. Il devra dire de quelle façon il prévoit encadrer la production, la vente et la consommation du produit controversé, qui pourra être acheté en toute légalité à compter du mois de juillet.

La CAQ, qui s’oppose toujours à la légalisation du produit, ne cache pas qu’elle cherchera à restreindre le plus possible la consommation de cannabis.

«Il est maintenant de la responsabilité des élus québécois de se préparer à ce bouleversement majeur qui s’en vient, soit la légalisation du cannabis», a commenté le porte-parole caquiste sur les questions de justice, le député de Borduas Simon Jolin-Barrette, à l’occasion d’une conférence de presse, mercredi.

La CAQ fera donc pression sur le gouvernement pour qu’il impose un cadre réglementaire contraignant, qui inclurait de fixer l’âge minimum légal de la consommation à 21 ans, conformément à la demande formulée par certains experts du milieu de la santé.

D’autres experts cependant, comme ceux de l’Institut national de santé publique (INSP), croient plutôt que par souci de «cohérence», le gouvernement devrait fixer l’âge légal à 18 ans, comme c’est le cas pour l’alcool.

C’est ce qu’est venu rappeler un conseiller scientifique de l’INSP, François Gagnon, mercredi, à Ottawa, devant le comité permanent de la santé publique. L’INSP avait produit un avis sur cette question en novembre.

Les partis d’opposition ne sont pas tous rendus au même point dans leur réflexion sur ce sujet délicat.

Québec solidaire fixerait la limite d’âge à 18 ans, tandis que le Parti québécois n’a pas encore fait son lit à ce propos.

Selon les voeux de la CAQ, la vente du produit devrait relever exclusivement du réseau public, idéalement par le biais d’un réseau parallèle de filiales supervisé par la Société des alcools du Québec (SAQ). Mais il ne serait pas question d’autoriser la vente de cannabis dans les succursales de la SAQ.

Le nombre de points de vente devrait être limité et ces derniers seraient situés à bonne distance des garderies et des écoles. Le nombre d’heures d’ouverture serait très limité, alors que la vente en ligne serait carrément interdite.

La limite de possession individuelle du cannabis devrait être fixée à 15 grammes, selon le parti de François Legault.

La production de la substance controversée à domicile serait interdite.

La consommation, quant à elle, serait extrêmement encadrée selon les désirs de la CAQ, en prévoyant l’interdiction complète du cannabis dans tous les édifices publics, tours de bureaux, centres commerciaux, restaurants, voire les parcs et sur les trottoirs, de même que dans les copropriétés, à moins que les propriétaires s’entendent entre eux pour en autoriser l’usage.

Les amendes prévues en cas d’infraction devraient être «dissuasives», selon la CAQ.

À Val-D’Or, la ministre responsable du dossier, Lucie Charlebois, ne s’est pas montrée impressionnée. Elle a jugé la sortie de la CAQ «improvisée» et prématurée, étant donné que les conclusions de la consultation menée sur le sujet, qui vient de se terminer, ne sont pas encore connues.

Elle a réaffirmé sa détermination à faire «la compilation de tout ce qui s’est dit et tout ce qui s’est écrit» sur le sujet avant de se faire une idée. La position du gouvernement sera rédigée en tenant compte de la santé publique, de la sécurité publique et de la lutte au crime organisé, a-t-elle dit, lors d’une mêlée de presse, en marge d’une réunion du conseil des ministres.

Le caucus péquiste doit quant à lui se rencontrer lundi pour définir sa position sur le cannabis, a indiqué en point de presse le porte-parole en agriculture, le député de Berthier, André Villeneuve. «On va déposer un plan sous peu qui ne sera pas un plan écrit sur le coin d’une table et qui répondra à l’ensemble de ces questions», a-t-il dit.

Comme la CAQ et Québec solidaire, on sait déjà au moins que le PQ croit que ce doit être l’État qui contrôle la distribution et la vente de cannabis.

Ce contrôle public du cannabis est un «minimum», a plaidé de son côté le député de Mercier, Amir Khadir, en point de presse.

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