MONTRÉAL — La nouvelle est passée pratiquement inaperçue, mais tant les employeurs que les travailleurs verront leur contribution à l’assurance-emploi augmenter pour mieux financer les améliorations apportées au régime par le gouvernement Trudeau.

«Encore une autre augmentation», a clamé en entrevue mardi la vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Martine Hébert.

Mais la plus grande centrale syndicale du Québec, la FTQ, y voit plutôt une «bonne nouvelle», compte tenu du fait que le régime a été réduit comme peau de chagrin depuis 20 ans et qu’il doit être bien financé pour pouvoir soutenir les chômeurs.

«L’admissibilité a baissé — une affaire épouvantable. Je me souviens, il y a 20 ans, 85 pour cent des travailleurs qui perdaient leur emploi étaient admissibles à l’assurance-emploi. Aujourd’hui, c’est moins de 40 pour cent des gens qui y sont admissibles», a souligné en entrevue le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

La Commission de l’assurance-emploi a annoncé qu’elle hausserait les cotisations à l’assurance-emploi de 7 cents par tranche de 100 $ de masse salariale, en 2018, soit 3 cents de plus pour chaque employé et 4 cents de plus pour chaque employeur.

La cotisation sera ainsi de 1,66 $ par tranche de 100 $ de salaire assurable au pays, mais de 1,30 $ au Québec, puisque le gouvernement y gère son propre régime d’assurance parentale.

«Quand on le regarde pris de façon isolée, le problème semble moins apparent, a dit Mme Hébert. Mais il faut aller au-delà de cette première impression-là. Il faut bien se dire que ça s’ajoute à toutes les autres contributions sur la masse salariale que les employeurs ont à verser. Au Québec, les taxes sur la masse salariale sont environ 40 pour cent plus élevées que dans le reste du Canada.»

«Si on veut que notre régime supporte les travailleurs qui perdent leur emploi, on doit avoir les moyens de les supporter. On doit s’assurer que le régime ait suffisamment d’argent», a répliqué M. Cadieux, pour qui il s’agit d’une hausse «modeste».

Le numéro deux de la FTQ rappelle que la cotisation avait déjà été abaissée dans le passé. «Les employeurs n’ont pas à crier au loup. Encore aujourd’hui, même avec cette hausse-là, ça leur coûte 22 sous de moins qu’en 2016», a-t-il répliqué.

Mais la vice-présidente de la FCEI va jusqu’à dire que cela pourrait constituer un frein à la croissance des PME et à la hausse des salaires dans les PME.

«Ça donne moins de marge de manoeuvre aux employeurs pour pouvoir bonifier les salaires qu’ils préféreraient bonifier dans leur entreprise, plutôt que d’avoir à débourser ces cotisations-là aux différents régimes», a-t-elle argué.

Là-dessus, M. Cadieux souligne, avec un brin d’ironie, que même quand il n’y a pas de hausse des cotisations, les PME n’augmentent pas les salaires de leurs travailleurs, à moins d’y être obligées lorsque le gouvernement décrète une hausse du salaire minimum.

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