La nouvelle campagne de sensibilisation pour la prévention de la radicalisation «Et si j’avais tort ?» entend pousser les jeunes à se questionner sur leurs croyances et leur vision du monde. La campagne, qui a été déployée sur internet ainsi que dans 542 écoles et 64 cégeps au Québec, entend dépasser les frontières de la province.

Les préjugés, les fausses nouvelles et l’absence de recul critique sont au cœur de cette campagne, lancée par le Centre de prévention à la radicalisation menant à la violence (CPRMV), en partenariat avec la Commission canadienne de l’UNESCO (CCUNESCO). En poussant les jeunes à se questionner sur leurs opinions et celles des autres, le CPRMV entend leur montrer qu’il existe d’autres chemins, des manières différentes de voir le monde.

Dix-sept jeunes ont réalisé cette campagne, qui se décline sous forme de capsules vidéo, d’ateliers, d’affiches et d’un guide pédagogique. Parmi eux, certains sont d’anciens radicalisés, qui ont pu utiliser leur expérience pour mieux sensibiliser les jeunes. Avec l’appui de la CCUNESCO, cette campagne pourra s’étendre hors du Canada pour toucher plusieurs pays dans le monde.

Pour évaluer l’efficacité de cette campagne, les chercheurs du CPRMV vont observer le nombre de personnes touchées par le matériel de sensibilisation ainsi que les résultats de leurs ateliers. «Quand on fait un atelier, on va regarder l’esprit critique des jeunes quand ils entrent et quand ils sortent. On va aussi étudier ça sur un plus long terme», affirme Benjamin Ducol, responsable de la recherche au CPRMV.

L’objectif est de permettre aux jeunes de réfléchir sur les informations qu’ils peuvent entendre dans les médias par exemple, afin de mieux les comprendre et éviter les amalgames ou la désinformation. «Quand j’entends parler de 500 réfugiés à la frontière, si je n’ai pas de repères, je peux trouver ça énorme, mais il faut replacer ça dans un contexte plus large, par exemple le nombre de réfugiés qui entrent au Canada chaque année», ajoute le chercheur.

David Morin, professeur agrégé de l’Université Sherbrooke et codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, voit d’un bon œil cette nouvelle campagne. «Il y a deux éléments positifs: renforcer l’esprit critique chez les jeunes et le fait de les avoir placés au cœur du processus de création», explique-t-il. Le chercheur souligne cependant le risque associé à une campagne de trop grande ampleur, qui pourrait manquer sa cible. «Il ne faut pas avoir peur de débattre sur les thèmes des groupes radicaux en allant sur leur terrain. C’est comme ça qu’on est susceptible de déconstruire leur discours, pas de manière abstraite», nuance-t-il.

Si la campagne vise principalement les jeunes, toute la population est potentiellement touchée par le manque de recul critique ou l’isolement dogmatique. Pour David Morin et Benjamin Ducol, l’émergence de groupes d’extrême droit, comme la Meute, ont montré que la radicalisation ne touchait plus seulement les écoles.

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