Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — L’Ontario fait front commun avec le Québec et la Californie pour lutter plus efficacement contre les changements climatiques et réduire la pollution causée par la production de gaz à effet de serre (GES).

Les trois États vont désormais procéder à la mise en commun des ventes aux enchères des droits d’émettre des GES.

Ils vont aussi harmoniser leurs réglementations en matière de plafonnement et d’échange de ces émissions polluantes.

Cette entente signée vendredi entre les trois gouvernements sera le prélude, espèrent-ils, à la création d’un vaste marché du carbone à l’échelle mondiale.

Car la tarification du carbone est une tendance internationale, a fait valoir le premier ministre Philippe Couillard, en conférence de presse. C’est la voie de l’avenir, a-t-il dit.

Dans le but de créer un marché du carbone commun, le Québec s’était lié dans un premier temps à la Californie en 2014.

L’annonce de l’ajout de l’Ontario à cette union a été faite vendredi à Québec, en marge de la tenue du septième conseil des ministres conjoint Québec-Ontario, et en présence du premier ministre Couillard, de la première ministre ontarienne Kathleen Wynne et du gouverneur de la Californie, Edmund G. Brown.

L’Ontario joindra officiellement le marché du carbone à compter du 1er janvier 2018.

Au Québec, la totalité des revenus provenant du marché du carbone est versée au Fonds vert. L’Ontario s’est donné un objectif semblable.

Le Québec et l’Ontario forment 60 pour cent de la population canadienne, ce qui signifie que la majorité de la population adhère désormais au marché du carbone. «Nous sommes les plus grandes provinces du pays», a rappelé Mme Wynne, en se disant convaincue que ce fait conférait une certaine responsabilité, en termes de leadership à assumer.

L’Ontario veut réduire de 15 pour cent le niveau de ses émissions de GES par rapport à 1990 d’ici 2020, alors que le Québec veut réduire ses émissions de GES de 37,5 pour cent d’ici 2030, par rapport au niveau de 1990.

M. Couillard s’est dit confiant vendredi d’atteindre cette cible, en s’attaquant davantage au secteur du transport routier, principal producteur de GES.

«On est en ligne pour atteindre notre cible», a-t-il dit.

Le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission vise à fixer un plafond d’allocations gratuites qui permettent aux entreprises d’émettre une quantité définie de GES. Au-delà de cette quantité, les entreprises doivent soit acheter des droits supplémentaires ou réduire la quantité d’émissions produites.

Il faut «décarboniser» l’économie, a fait valoir le gouverneur Brown, qui s’est montré confiant que l’entente conclue entre le Québec, l’Ontario et la Californie allait faire tache d’huile, malgré les résistances affichées par de nombreux dirigeants, incluant celle du président américain Donald Trump.

La transition espérée vers un monde moins pollué ne se fera pas du jour au lendemain, mais le mouvement est «irréversible», a commenté M. Couillard de son côté.

«C’est l’ancien monde auquel nous tournons le dos. C’est le nouveau monde qui est devant nous», a-t-il ajouté, mettant en garde les tenants du statu quo contre la tentation de ne rien faire, une attitude qui a aussi un coût.

Les gouvernements de l’Ontario et du Québec ont convenu par ailleurs d’intensifier leur partenariat et les échanges d’information dans le secteur de l’intelligence artificielle, un domaine d’activité en pleine croissance à Montréal.

Le Québec s’est engagé dans le passé à investir 100 millions $ dans ce secteur d’avenir au cours des cinq prochaines années.

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