Christopher Katsarov Christopher Katsarov / La Presse Canadienne

TORONTO — Le premier ministre Justin Trudeau demeure optimiste, alors que doit s’amorcer samedi à Ottawa la troisième ronde de négociations pour une révision de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

«Il y a des choses sur lesquelles on va s’entendre tout de suite, il y d’autres choses sur lesquelles on va avoir des discussions, mais je demeure très enthousiaste par rapport au processus et par rapport à l’appui que j’entends, pas juste dans l’administration, mais dans les différents paliers de gouvernement au Canada, au Mexique et aux États-Unis», a-t-il affirmé vendredi.

Plus tôt dans la journée, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a rencontré pour la première fois en personne, à Toronto, les membres du Conseil de l’ALÉNA.

Ce conseil, créé en août pour donner son avis au gouvernement libéral, comprend notamment l’ex-chef intérimaire du Parti conservateur Rona Ambrose, le président du Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff, et le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Marcel Groleau. Les membres ont discuté à quelques reprises depuis, mais c’est la première fois qu’ils se rencontrent autour d’une même table avec la ministre.

Mme Freeland, qui est aussi responsable au cabinet du commerce canado-américain, a vanté l’«approche toute canadienne» adoptée jusqu’ici par Ottawa dans ces négociations.

La ministre a aussi rencontré vendredi des membres de l’«équipe originale» qui avait négocié l’accord au tournant des années 1990, dont l’ex-premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney, ainsi que des représentants du secteur canadien de l’automobile.

Les Américains demandent que les véhicules qui transitent par les États-Unis sans tarifs douaniers affichent dorénavant un contenu américain «substantiel», et l’industrie canadienne aimerait savoir la portée de ce terme. Certains documents aux États-Unis laissent croire que l’administration de Donald Trump souhaite fixer la «règle d’origine» américaine autour de 35 à 50 pour cent. De plus, Washington voudrait ajouter l’acier et le matériel électronique à la liste.

Des deux côtés de la frontière, les constructeurs soutiennent que cette approche déstabilisera ce secteur déjà extrêmement bien intégré dans les trois pays signataires de l’ALÉNA.

La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a également tenu une rencontre à Ottawa vendredi en prévision de cette troisième ronde de négociations avec le comité consultatif sur l’environnement dont fait partie l’ex-premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson.

«Nous recherchons un accord qui sera progressiste, c’est vraiment important pour le Canada», a-t-elle rappelé.

«Sur le sujet de l’environnement, nous avons des discussions avec les États-Unis et le Mexique. C’est sûr que nous avons un avis différent sur les changements climatiques, mais je pense qu’on peut faire du progrès.»

Manque d’information

De part et d’autre, les partis d’opposition à Ottawa reprochent au gouvernement canadien de cacher son jeu.

«C’est au gouvernement de nous informer, d’informer les Canadiens sur l’avancement des choses et pas simplement nous parler d’aspect d’environnement, de féminisme, ces choses-là», a dit le député conservateur Pierre Paul-Hus.

«Oui, c’est important, mais reste qu’à la base on est là pour les entrepreneurs parce qu’on parle de faire des affaires. Donc, c’est important d’avoir des chiffres», a-t-il précisé.

Cette absence d’information préoccupe aussi les néo-démocrates.

«Les producteurs laitiers chez nous sont extrêmement inquiets parce qu’il n’y a rien qui inspire confiance au moment où on se parle pour la protection de la gestion de l’offre», a souligné le député Matthew Dubé.

«Ce n’est pas démocratique, ce n’est pas transparent, a dénoncé la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet. Le Canada se doit de dire ce qu’il demande et, en ne le disant pas, il est en train de négocier à rabais.»

Elle participait vendredi à une conférence sur l’ALÉNA à Ottawa organisée par quelques organismes, dont le Conseil des Canadiens, qui remettent en question les principes de cet accord de libre-échange.

Le gouvernement a répondu aux critiques par la voix du secrétaire parlementaire de la ministre Freeland, Andrew Leslie.

«C’est la responsabilité des Américains d’indiquer leurs idées précises parce que ce sont eux qui ont demandé la renégociation de l’ALÉNA et après ça les équipes travaillent ensemble pour l’améliorer», a-t-il dit.

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