La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Après cinq semaines de grève partielle, l’ensemble des 800 employés de Candu Énergie ont déclenché lundi matin une grève générale.

Le syndicat représentant ces scientifiques, ingénieurs et technologues n’a pas réussi à s’entendre avec la direction de l’entreprise de technologie nucléaire, une filiale de SNC-Lavalin (TSX:SNC) depuis l’achat d’Énergie atomique du Canada par la société montréalaise, en octobre 2011.

Candu Énergie s’occupe de la conception, de l’entretien et de la fabrication de réacteurs nucléaires, mais ses employés ne sont pas responsables de l’exploitation au quotidien des centrales. Elle a des activités en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick, et travaille avec Hydro-Québec, entre autres.

Des réacteurs Candu fournissent près de la moitié de l’électricité de l’Ontario — soit 16 pour cent de la totalité des besoins en électricité au pays. D’autres réacteurs Candu produisent plus de 22 000 mégawatts d’énergie ailleurs dans le monde.

La direction de l’entreprise assure avoir mis sur pied un plan de contingence afin d’assurer le maintien de ses services à ses clients pendant la grève.

La Société des ingénieurs professionnels et associés (SPEA) a déclaré que les négociations avec la compagnie avaient échoué. Selon l’un des vice-présidents du syndicat, Marius Vartolomei, les points en litige sont nombreux. Il estime que la partie patronale veut «tout changer», des conditions de travail au régime de retraite en passant par les compensations financières, notamment.

Chez Candu Énergie, la directrice des communications, Katherine Ward, évoque plutôt une proposition «juste, raisonnable et compétitive» de la part de la compagnie. Elle refuse cependant de fournir les détails de la dernière offre.

Le syndicat estime que l’entreprise tend à s’éloigner des normes de l’industrie nucléaire en matière de rémunération, payant son personnel d’une manière complètement différente de celle des autres travailleurs dans le secteur.

Selon M. Vartolomei, une grève générale constitue une menace pour l’avenir de l’industrie nucléaire canadienne, puisqu’elle entraînera sans doute l’exode d’employés talentueux. L’acceptation de la dernière offre patronale aurait le même effet, selon lui.

«Même si on décidait de signer un contrat comme celui que le patronat propose, on finirait par perdre des employés à long terme», soutient-il. «N’importe qui offrirait de meilleures conditions de travail­. Les gens vont quitter pour les compétiteurs au Canada, aux États-Unis, en Europe.»

M. Vartolomei ajoute que des employés de Candu Énergie reçoivent des offres d’emploi tous les «deux ou trois jours», et que certains ont commencé à quitter juste avant l’achat de la compagnie par SNC-Lavalin.

Selon Mme Ward, cependant, il n’en est rien. «Nos chiffres confirment qu’il n’y a pas d’exode des cerveaux. Nos employés ne partent pas», assure-t-elle.

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