Justin Tang Justin Tang / La Presse Canadienne

TORONTO — Des médecins et des tatoueurs notent une augmentation des tatouages sur le globe oculaire — une pratique dangereuse et difficile à effectuer de façon sécuritaire.

Cette forme extrême de modification corporelle, qui consiste à injecter de l’encre dans le blanc des yeux, serait en hausse, selon des ophtalmologistes et des artistes-tatoueurs.

Une mannequin de 24 ans dit avoir appris à la dure les risques de la procédure.

Catt Gallinger a raconté qu’elle avait récemment permis à quelqu’un de teindre le blanc de son oeil droit en mauve. Des complications importantes se sont développées, depuis: elle a perdu une partie de la vision de cet oeil, qui est maintenant gonflé et difforme. Son oeil droit pourrait être affecté de façon permanente.

La jeune femme admet avoir fait le saut sans s’informer adéquatement.

Si elle avait lu davantage sur cette procédure, elle aurait trouvé une multitude de recherches qui prouvent les risques associés à cette pratique de plus en plus populaire, selon des experts.

L’ophtalmologiste Setareh Ziai dit avoir entendu parler de la procédure il y a quelques années — à l’époque, c’était rare. Mais en ce moment, elle est informée de nouveaux cas chaque mois.

Les médecins injectent parfois de l’encre dans la cornée pour certaines procédures médicales, mais ils le font avec de l’équipement stérile, ce qui ne semble pas être le cas pour les tatoueurs, a fait remarquer la docteure Ziai.

De plus, les tatoueurs injectent généralement l’encre en dessous de la conjonctive, qui contient des vaisseaux sanguins, donc l’encre peut se déplacer et poser un plus grand risque pour l’organe.

Mais ce qui est plus alarmant selon la spécialiste, c’est que les effets à long terme d’une telle pratique sont inconnus pour l’instant.

«Qu’est-ce qui arrivera lorsque ces colorants migreront dans différentes parties du globe oculaire ou du corps? Est-ce qu’il y a des risques liés au cancer? De l’inflammation persistante? On n’a aucune idée», a-t-elle indiqué.

Plusieurs artistes-tatoueurs se montrent d’ailleurs réticents face à cette procédure.

David Glantz, d’un studio torontois Archive Tattoo Studio, dit qu’il connaît peu d’endroits qui offrent ce genre de tatouages. Et les compagnies d’assurance ne couvrent pas les studios qui le font, a-t-il fait remarquer.

«Aucun tatoueur que je connais ne l’offrirait. La plupart d’entre nous avons une certaine conscience, voulons garder nos emplois, et continuer de faire de beaux tatouages», a-t-il écrit dans un courriel.

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