Judi Bottoni

WASHINGTON — Les États-Unis ont commencé à torpiller la table de négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avec leurs demandes impossibles, au moment où le processus entre dans sa phase la plus difficile.

La quatrième ronde de négociations vient de s’amorcer en banlieue de Washington et des sources révèlent que les négociateurs américains ont déposé, mercredi soir, une soi-disant clause de résiliation qui viendrait mettre fin à l’accord au bout de cinq ans si les trois pays ne la renouvellent pas.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a confirmé le dépôt de cette clause et a balayé du revers de la main le fait que les deux autres pays y soient fortement opposés. Ils considèrent la clause de résiliation comme un frein à l’investissement et une limite inacceptable.

Le prochain grand coup pourrait être porté vendredi, alors que les négociateurs du secteur des pièces automobiles doivent se rencontrer. Les observateurs s’attendent à ce que les États-Unis déposent des demandes considérées comme non recevables par les deux autres partenaires.

Des informations laissent entendre que les négociateurs américains exigeront qu’un véhicule contienne 85 pour cent de pièces nord-américaines et que la moitié de celles-ci proviennent des États-Unis.

L’industrie a déjà fait savoir que plusieurs composantes ne sont tout simplement pas fabriquées en Amérique du Nord et que si les changements rendent la fabrication de voitures trop coûteuse, les constructeurs pourraient décider de sortir de l’ALÉNA et de payer la facture des tarifs douaniers.

Encore une fois, Wilbur Ross a confirmé que c’est la voie choisie par les États-Unis et a rejeté les doléances de l’industrie. «Je crois que les constructeurs automobiles vont s’adapter, vous allez voir», a-t-il commenté.

Des propositions irréalistes

Lors de la plus récente ronde de discussions, les Américains avaient proposé une première clause mal reçue visant à augmenter significativement le recours à la clause «Buy American» dans les appels d’offres publics.

Le Canada, le Mexique et des regroupements d’industries ont dénoncé certaines des propositions américaines, les jugeant «irréalistes», voire impossibles.

Le secrétaire américain au Commerce a laissé sous-entendre que les propositions les plus musclées étaient à venir. Il a tout de même dit qu’il demeurait persuadé que les parties puissent en arriver à une entente.

Les deux autres pays qui participent à la négociation tentent de comprendre quel signal les Américains veulent envoyer avec cette approche de la ligne dure: s’agit-il de positions flexibles qui vont être éventuellement modifiées, de demandes totalement inflexibles ou d’un désir de saboter les négociations de l’ALÉNA?

Les fonctionnaires canadiens affirment être déconcertés par la direction qu’ont choisi d’emprunter les États-Unis.

Du côté du Mexique, les demandes américaines transgressent plusieurs des six limites fixées par le Sénat, qui s’oppose à tout accord qui inclurait notamment une clause de résiliation, un quota minimal de pièces américaines dans la fabrication des voitures ou le retrait du chapitre 19 qui encadre la résolution des conflits.

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