OTTAWA — Le gouvernement canadien se désole de voir les États-Unis et Israël quitter l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), mais partage certaines de leurs inquiétudes concernant l’existence d’un présumé biais anti-israélien au sein de l’agence.

Si le Canada est «déçu» de la décision des deux pays, il a lui aussi de «vives préoccupations» sur le fait «qu’Israël ait été particulièrement ciblé par les critiques dans le cadre de décisions prises par l’UNESCO», a signalé Brianne Maxwell, du ministère des Affaires mondiales.

Malgré cela, il est «hors de question» qu’Ottawa claque aussi la porte, ayant la ferme conviction qu’il «vaut toujours mieux être à la table» des grandes organisations internationales comme celle-ci, a insisté vendredi une source gouvernementale.

Le Québec partage la même déception face à la défection des États-Unis et de l’État hébreu, a souligné vendredi en entrevue la représentante du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada à l’UNESCO, Julie Miville-Dechêne.

«Le gouvernement du Québec est très déçu, parce qu’il croit au multilatéralisme, et parce que de notre point de vue, quand 195 États membres sont autour de la table, ça peut donner lieu à un dialogue qui peut permettre de solutionner les problèmes», a-t-elle offert.

Elle a cependant refusé de se prononcer sur la légitimité des accusations entourant un présumé biais anti-israélien. «À titre de diplomate, de représentante du gouvernement du Québec, je n’entrerai pas dans ce débat-là», a fait valoir Mme Miville-Dechêne au téléphone depuis Paris.

«Je pense que ce n’est pas mon rôle, pour toutes sortes de raisons, a-t-elle tranché. Mon rôle ici consiste à me préoccuper de toutes les questions comme la culture, la science, l’éducation et, de façon générale, de comment cette institution fonctionne.»

Elle a tenu ces propos quelques minutes avant l’annonce de l’élection de la Française Audrey Azoulay à la tête de l’organisation. L’ex-ministre socialiste de la Culture en France a eu le dessus sur son rival du Qatar, Hamad Al-Kawari.

Ne faisant pas partie des 58 pays membres du conseil exécutif qui élit le dirigeant de l’agence onusienne, le Canada n’a offert son appui à aucun des candidats en lice, ont confirmé Ottawa et Québec.

Les États-Unis avaient cessé de financer l’UNESCO à la suite de la décision de l’agence d’inclure la Palestine parmi ses membres en 2011, mais le département d’État maintenait un bureau au siège de l’UNESCO à Paris et cherchait à influencer les politiques de l’agence en coulisses.

Plusieurs estiment que l’inclusion de la Palestine prouve le biais anti-israélien des Nations unies, où Israël et ses alliés sont beaucoup moins nombreux que les pays arabes et ceux qui les appuient.

Les États-Unis s’étaient retirés de l’UNESCO dans les années 1980 parce que Washington critiquait la gestion de l’agence et estimait qu’elle était utilisée à des fins politiques. Ils l’avaient rejointe en 2003.

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