OTTAWA — Les fonctionnaires du ministère de la Défense ont dépoussiéré leurs documents d’information pour tenter de déterminer enfin où seront déployés les soldats de maintien de paix du Canada. Le temps du gouvernement est maintenant compté avec la tenue d’un sommet important des Nations unies à Vancouver le mois prochain.

Cette accélération des activités met fin à des mois d’inaction, alors que les planificateurs militaires attendaient un signal du gouvernement Trudeau, qui avait pris l’engagement l’an dernier d’envoyer 600 soldats et 150 policiers pour le maintien de la paix dans le monde.

La Défense nationale a complété des missions et présenté plusieurs options potentielles au gouvernement après qu’il eut pris son engagement en août 2016, mais les libéraux ont refusé de trancher sur la question.

En fait, l’idée a été mise en veilleuse pendant des mois étant donné que le gouvernement s’inquiète des risques potentiels des missions de maintien de paix et qu’il a dû tourner son attention sur la nouvelle administration de Donald Trump aux États-Unis.

Pendant ce temps, les propositions des fonctionnaires ont pris la poussière au Bureau du premier ministre et au ministère des Affaires mondiales.

Des sources ont toutefois révélé à La Presse canadienne que les fonctionnaires étaient maintenant revenus à la table à dessin. Le gouvernement espère prendre une décision avant la Réunion de 2017 des ministres de la Défense sur le maintien de la paix des Nations Unies, qui aura lieu les 14 et 15 novembre à Vancouver, mais ce n’est pas certain qu’ils y arriveront.

Le gouvernement a déjà dit qu’il voulait prendre son temps pour planifier la mission, mais lorsque l’ONU a accepté de tenir cette rencontre en sol canadien, elle s’attendait à ce que les troupes canadiennes soient déjà au travail.

Le sommet, dont le ministre de la Défense Harjit Sajjan sera l’hôte, est censé être ouvert seulement aux représentants des pays qui ont annoncé des engagements concrets pour les missions de maintien de paix.

Les représentants de la défense envisagent des missions potentielles en Afrique, mais ils auraient apparemment élargi leurs recherches vers Haïti, où le Canada a déjà été impliqué.

Les Nations unies ont préparé une liste de critères en vue du sommet de Vancouver, qui mentionne les régions en manque « urgent » de troupes spécialisées et d’équipement: le Mali, le Soudan du Sud et Haïti.

Plus spécifiquement, l’ONU est à la recherche d’une unité de renseignement, d’une entreprise de déminage et d’hélicoptères de transport pour le Mali; d’une unité de forces spéciales et d’une entreprise de transport pour le Soudan du Sud, ainsi que d’hélicoptères en Haïti.

Tous les pays ont aussi besoin de personnel médical, d’ingénieurs, de femmes soldates de maintien de paix, et de policiers – des ressources dont dispose le Canada.

Le premier ministre Trudeau a déclaré le mois dernier que son gouvernement demeurait engagé dans cette voie, mais qu’il voulait prendre son temps pour diminuer les risques.

«Nous devons nous assurer que nous faisons bien cela, que nous le faisons de façon réfléchie et que ce sera la bonne mission», a-t-il dit à ce moment.

«Nous prendrons tout le temps nécessaire pour le faire correctement.»

Un représentant de l’ONU a exprimé sa frustration, vendredi, à l’égard du gouvernement, qui semble se traîner les pieds, soulignant que la situation alarmante dans certains pays n’avait pas changé depuis que les libéraux ont fait leur promesse.

«Le Mali est toujours le Mali et le Soudan du Sud est encore le Soudan du Sud», a déclaré ce représentant, qui a parlé sous le couvert de l’anonymat.

«Vous avez toute l’information. Il n’y a pas grand-chose à discuter», a-t-il ajouté.

On s’attendait à ce que les libéraux envoient un nombre important de troupes au Mali, où l’ONU supervise un cessez-le-feu entre le gouvernement local et plusieurs groupes rebelles alors que des attaques terroristes sévissent au pays.

L’ambassadrice française au Canada, Kareen Rispal, dont le pays a plusieurs missions au Mali, est d’ailleurs sortie dans les médias francophones cette semaine en disant qu’elle espérait toujours que le Canada s’implique là-bas.

Certaines sources suggèrent que l’apport du Canada pourrait s’avérer plus modeste que prévu, et ce, peu importe le lieu où il choisit de s’établir.

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