Manuel Balce Ceneta Manuel Balce Ceneta / The Associated Press

WASHINGTON — Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a convenu mardi que les discussions pour un renouvellement de l’ALÉNA se poursuivront jusqu’en 2018 — un aveu que les négociateurs ne pourront conclure une entente avant la fin de cette année comme ils l’espéraient.

Les plus récentes propositions déposées à la table de négociation révèlent le gouffre qui sépare les positions des parties, que ce soit dans les dossiers du lait ou de l’automobile, mais aussi dans les grands principes mêmes de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), notamment sur ses mécanismes de mise en oeuvre.

Ces écarts importants ont réduit considérablement les chances de conclure une entente d’ici la fin de l’année, comme on l’espérait à Washington, Ottawa et Mexico.

M. Lighthizer a indiqué avoir été «surpris et déçu par la résistance au changement de la part des négociateurs partenaires» des États-Unis, et a exhorté toutes les parties à envisager plus de flexibilité avant la reprise des discussions à Mexico le mois prochain.

M. Lighthizer a affirmé que le Canada et le Mexique peinaient à accepter la réalité que les États-Unis veulent rééquilibrer leurs accords commerciaux. Il a soutenu que les autres pays et les entreprises devaient cesser de compter sur un accès facile au marché américain pour leurs exportations.

«Nous n’avons vu aucune indication que nos partenaires sont prêts à réaliser des changements qui entraîneraient un rééquilibrage», a-t-il soutenu.

À l’issue d’une quatrième ronde de négociations, mardi à Washington, le représentant américain Lighthizer, la ministre canadienne Chrystia Freeland et le ministre mexicain Ildefonso Guajardo ont fait le point sur les progrès réalisés après cette nouvelle semaine de discussions.

Miner l’ALÉNA plutôt que de le moderniser?

La ministre Freeland a adopté un ton légèrement plus diplomatique, mais a signifié clairement que le Canada estimait que d’autres acteurs à la table empêchaient des avancées.

«Au début de l’été, le vice-président Mike Pence a affirmé aux gouverneurs réunis dans le Rhode Island qu’il croyait que ces négociations mèneraient à un dénouement gagnant-gagnant-gagnant. Le Canada le croit aussi», a dit Mme Freeland.

«Mais cela ne peut pas être accompli avec un état d’esprit du vainqueur qui rafle toute la mise ou une approche qui cherche à miner l’ALÉNA plutôt que de le moderniser», a-t-elle ajouté.

Mme Freeland a parlé de «progrès significatifs», en dépit de plusieurs «propositions singulières» qui rendent le travail des négociateurs beaucoup plus ardu.

«Nous avons vu des propositions qui nous feraient reculer sur 23 ans de prévisibilité, d’ouverture et de collaboration sous l’ALÉNA. Dans certains cas, ces propositions sont en contradiction avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Cela est troublant», a déclaré Mme Freeland.

M. Guajardo a reconnu que les discussions seraient difficiles, tout en soulignant que des obstacles aux avancées persistaient et que toutes les parties se devaient de travailler vers l’atteinte de «solutions créatives et constructives».

«Nous devons comprendre que nous avons tous des limites. Nous devons nous assurer que les décisions que nous prenons aujourd’hui ne reviennent pas nous hanter demain», a souligné le ministre mexicain.

Les Américains ont surpris leurs vis-à-vis lors de cette quatrième ronde en proposant notamment une «clause crépusculaire», en vertu de laquelle l’ALÉNA pourrait être abrogé après cinq ans. Les États-Unis réclament aussi l’abolition, d’ici dix ans, du système de gestion de l’offre en vigueur au Canada pour les produits laitiers, les volailles et les oeufs.

Washington a aussi abordé plusieurs sujets litigieux, dont le contenu américain dans l’automobile, le mécanisme de règlement des différends et les mesures protectionnistes américaines (le «Buy American»).

La prochaine ronde doit s’amorcer le 17 novembre, trois semaines plus tard que ce qui était prévu.

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