Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

OTTAWA — L’Office national de l’énergie estime que la consommation de combustibles fossiles plafonnera au Canada d’ici deux ans avant de décroître légèrement pour se stabiliser par la suite, mais que ce changement dans les habitudes n’aura pas d’impact sur la croissance économique ou sur la production de pétrole au pays.

Dans son rapport annuel sur «l’avenir énergétique du Canada», l’agence fédérale note, pour la première fois de son histoire, qu’en raison des politiques climatiques et des nouvelles technologies adoptées, la consommation de combustibles fossiles pour faire le plein ou chauffer la maison plafonnera vers 2019, avant de diminuer légèrement et de se stabiliser pour les 20 prochaines années.

L’an dernier, pourtant, l’Office national de l’énergie (ONÉ) estimait que la consommation de combustibles fossiles au Canada continuerait à augmenter jusqu’en 2040, quoique plus lentement que prévu jusque-là.

L’ONÉ a étudié trois différents scénarios pour établir ses estimations: un cas de référence, qui utilise les politiques et les prévisions actuelles, un scénario de tarification du carbone de plus en plus élevée, et un scénario qui tient compte en plus des avancées technologiques, comme les véhicules électriques ou les énergies solaires et éoliennes.

Or, tous ces scénarios concluent à un plafonnement de la consommation de combustibles fossiles en 2019, avant une légère baisse puis une stabilisation. Et comparativement au scénario de référence, la consommation de combustibles fossiles en 2049 serait inférieure de 8,0 pour cent dans le scénario de tarification du carbone élevée, et de 13 pour cent dans celui des avancées technologiques.

L’ONÉ établit par ailleurs le taux de croissance annuelle moyen du Produit intérieur brut autour de 1,7 pour cent, quel que soit le scénario retenu. L’Office tient pour acquis que la tarification du carbone serait retournée au consommateur sous forme de subvention ou de baisses d’impôt, et que les autres pays industrialisés emboîteraient le pas. L’agence fédérale croit aussi que malgré cette baisse de la consommation, la production de pétrole brut au Canada continuera à augmenter à cause d’une demande constante à l’étranger.

Les véhicules électriques
ÇDans tous les cas d’espèce, l’ONÉ estime que la production d’énergie éolienne devrait au moins doubler au cours des 25 prochaines années, alors que la production d’énergie solaire pourrait plus que tripler. L’Office estime aussi que les ventes de véhicules électriques représenteront 3,0 pour cent de toutes les ventes de véhicules d’ici 2020, et 16 pour cent d’ici 2040 — voire 47 pour cent, si l’on adhère au scénario «avancées technologiques», le plus optimiste.

En 2016, moins d’un pour cent des véhicules vendus au Canada étaient électriques — et 95 pour cent de ces véhicules ont été vendus au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Certains pays, comme la France et le Royaume-Uni, songent à bannir des routes les véhicules à combustibles fossiles d’ici 2040, mais même les plus ardents défenseurs des véhicules électriques au Canada admettent que cet objectif serait peu réaliste ici.

Shelley Milutinovic, économiste en chef à l’Office national de l’énergie, prévient que ces estimations sont liées à des facteurs qui peuvent évoluer en fonction des politiques publiques et des événements mondiaux, sans compter l’arrivée de nouvelles technologies qui ne sont même pas envisageables aujourd’hui.

Mme Milutinovic rappelle qu’il y a 10 ans à peine, on savait peu de choses de la fracturation hydraulique pour extraire le pétrole et le gaz emprisonnés dans le roc. Or, cette technologie a eu un impact majeur sur le marché du pétrole et du gaz en Amérique du Nord.

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