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MONTRÉAL — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rappelle, dans deux nouvelles décisions, que le mot «fuck» entendu sur les ondes n’a pas en français «la même connotation vulgaire qu’en anglais».

Les six membres du comité décideur francophone devaient se pencher sur les plaintes d’un auditeur de la station de radio CKOI-FM, qui avait entendu, dans deux émissions distinctes d’après-midi, des artistes prononcer le mot banni des ondes en anglais.

L’article 9 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs stipule notamment qu’il faut veiller à ce que les émissions ne comprennent pas «du langage qui est indûment grossier et injurieux».

Comme il l’avait fait pour MusiquePlus en 2016 dans une affaire semblable qui fait maintenant «jurisprudence», le Conseil a conclu que CKOI n’avait pas violé le Code de déontologie de l’association.

La première plainte visait l’émission «Les poids lourds du retour», animée par Philo Lirette, Peter MacLeod et Kim Rusk. Le 23 janvier dernier, on y avait entendu un extrait du discours prononcé par la chanteuse Madonna lors de la «Marche des femmes» de Washington au lendemain de l’assermentation du président Donald Trump. La chanteuse avait alors usé abondamment du mot jugé vulgaire ou même obscène en anglais.

Le comité a d’abord conclu qu’il était «d’intérêt public» de faire entendre des extraits du discours de Madonna. Le Conseil rappelle ensuite la décision de MusiquePlus et les trois «balises» fixées en 2016 pour l’utilisation du mot en français — où il n’a pas la même connotation vulgaire, rappelle-t-on: la langue principale de l’émission doit être le français, l’utilisation du mot doit être occasionnelle, et elle ne doit pas viser à insulter ou attaquer un individu ou un groupe.

La deuxième plainte visait l’émission «Radio P-Y», animée par Pierre-Yves Lord. Le 25 mars dernier, le plaignant y avait entendu un court extrait du spectacle du groupe Green Day dans lequel le chanteur Billie Joe Armstrong prononçait à plusieurs reprises le juron. Le comité décideur arrive aux mêmes conclusions.

«Les membres du comité décideur relèvent tout d’abord le fait que dans les deux cas, le mot « fuck » était utilisé sous forme de citations alors que les animateurs discutaient des propos tenus par des tiers», lit-on dans la décision publiée sur le site du Conseil.

Le comité rappelle ensuite la décision précédente concernant MusiquePlus: «le mot « fuck » n’a pas la même connotation vulgaire qu’en anglais (…) le langage évolue, et il faut y voir le reflet de la société actuelle.

«Le comité décideur est donc d’avis qu’il vaudrait mieux désormais insister auprès des télédiffuseurs pour qu’ils fournissent les mises en garde appropriées à l’auditoire et la classification correcte des émissions plutôt que cibler l’utilisation occasionnelle de langage vernaculaire», concluait le Conseil en 2016.

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