Martial Trezzini Martial Trezzini / The Associated Press

OTTAWA — Alors que les responsables canadiens et leurs homologues des Nations unies tentent ardemment de déterminer les détails de la mission de paix du Canada, un haut représentant de l’ONU signale qu’aucune décision n’est encore prise à quelques heures de l’ouverture d’un sommet sur le sujet.

«Le travail est en cours», a déclaré lundi en entrevue Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des opérations de maintien de la paix à l’ONU.

«Il semble qu’il y ait plusieurs avenues qui n’ont pas encore été examinées de près. Mais nous attendons que le gouvernement canadien arrive avec une décision finale», a-t-il ajouté.

M. Lacroix a fait ces déclarations tandis que le Canada se prépare à accueillir les représentants de 80 pays à un sommet qui se tiendra à Vancouver, à compter de mardi.

Plus d’un an après avoir promis d’envoyer 600 militaires et 150 policiers pour des missions de paix, on s’attendait à ce que le gouvernement Trudeau annonce son plan de déploiement des Casques bleus avant ou pendant le sommet.

Mais les commentaires de M. Lacroix représentent une douche froide pour ceux qui espéraient plus de détails sur les plans du Canada, et risquent de décevoir — et même de susciter les critiques — de dignitaires internationaux et d’experts en défense qui participent à l’événement.

M. Lacroix s’est malgré tout dit «encouragé» par le fait qu’il y a finalement certaines avancées après plus d’un an de retards et de silence de la part du gouvernement canadien.

«Les choses bougent et ce n’est pas frustrant, c’est plutôt encourageant», a-t-il déclaré.

Depuis Manille, le premier ministre Justin Trudeau a dit être confiant que «les partenaires du Canada à travers le monde seront très réceptifs aux solutions qui seront mises de l’avant» cette semaine.

Des options variées examinées

Certaines sources disent que le gouvernement considère plusieurs options, dont le déploiement d’hélicoptères au Mali ou d’avions en Ouganda pour aider certaines missions en Afrique.

Le Canada serait vraisemblablement prêt à fournir une force d’intervention rapide dans le plateau du Golan — entre Israël et la Syrie —, à aider la mission policière de l’ONU en Haïti, puis à envoyer des soldats formateurs pour aider les pays à s’améliorer dans les opérations de maintien de paix.

M. Lacroix n’a pas voulu s’avancer sur ces options, mais il a confirmé qu’il y avait des discussions sur «quand et comment ces contributions potentielles seraient utilisées et où elles feraient une différence».

Le premier ministre Justin Trudeau doit faire une apparition au sommet mercredi avec M. Lacroix, ainsi qu’avec le ministre de la Défense, Harjit Sajjan et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Le sommet est organisé seulement pour les pays qui ont fait des promesses concrètes — ou qui sont prêts à les faire — sur les missions de paix. Certains représentants de l’ONU, diplomates étrangers et experts ont prévenu le Canada qu’il serait embarrassé s’il n’avait pas d’engagement concret à offrir.

Bien que les libéraux aient été critiqués pour avoir traîné les pieds sur cet enjeu, M. Lacroix souligne que l’ONU n’attendait pas à tout prix la réponse du Canada.

Par exemple, après que le gouvernement eut refusé de fournir des hélicoptères dont le Mali avait grandement besoin, la Jordanie et la Belgique se sont manifestées — ce qui signifie que l’aide du Canada pourrait venir seulement en 2019.

Malgré tout, des écarts demeurent et la «demande est encore plus grande que l’offre», a soutenu M. Lacroix.

Plusieurs sujets au menu

Les discussions du sommet cette semaine devraient porter sur les promesses des différents pays. Les participants feront aussi le point sur les anciennes promesses.

Mais des pourparlers auront lieu également sur les moyens d’augmenter le nombre de femmes dans les missions de paix et la prévention des conflits, et sur les façons de réduire l’utilisation d’enfants-soldats et de mieux protéger les civils.

«Alors comment pouvons-nous améliorer la protection des civils dans notre environnement?», a demandé M. Lacroix.

«Où nous avons plus de personnes déplacées, nous avons plus de gens qui ont besoin d’aide humanitaire et d’appui. Et nous avons des environnements plus difficiles et plus dangereux.»

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