Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — La ministre fédérale de l’Environnement a lancé une flèche au gouvernement des États-Unis relativement à sa position procharbon dans le cadre des discussions sur le climat sous l’égide des Nations unies en Allemagne.

Catherine McKenna est à Bonn pour la COP23, dans le cadre de laquelle les pays travaillent à la mise en vigueur de l’Accord de Paris sur le climat et la reddition de comptes pour les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Lundi, il était surtout question du seul événement organisé par les États-Unis — qui ne sont plus engagés envers l’Accord de Paris — au cours duquel les responsables de l’administration Trump ont vanté les vertus du «charbon propre» et de l’énergie nucléaire comme solutions pour réduire les émissions, étant donné que la dépendance aux carburants fossiles dans le monde ne se dissipera pas du jour au lendemain.

L’événement a connu des embûches, alors que des manifestants occupaient largement l’espace dans la salle et ont interrompu les discussions pendant plus de 10 minutes avec une chanson.

Ayant déclaré son intention de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris, le président Donald Trump a dépêché George David Banks, son conseiller sur les questions d’énergie et d’environnement, pour être l’hôte de l’événement faisant la promotion du charbon, du gaz naturel et du nucléaire, en plus des technologies qui permettraient de réduire leur impact sur l’environnement.

L’Agence internationale de l’énergie anticipe que la demande mondiale pour le charbon et le gaz naturel ne diminuera pas au cours des 25 prochaines années, a affirmé M. Banks, lundi. Le charbon produit déjà les deux cinquièmes de l’approvisionnement mondial en énergie, et la construction de 1600 centrales au charbon additionnelles est prévue. Et d’ici 2040, l’Asie du Sud-Est générera la moitié de son électricité à partir de centrales au charbon.

«Sans doute, les carburants fossiles continueront d’être utilisés et nous ferions valoir qu’il est dans l’intérêt mondial de s’assurer que l’usage de carburants fossiles soit aussi propre et efficace que possible», a déclaré le délégué américain.

M. Banks a reconnu que la décision de promouvoir les carburants fossiles dans le cadre d’une conférence internationale sur les changements climatiques était «provocatrice», mais a argué que bien que les énergies renouvelables ont un bel avenir, la majeure partie de l’innovation nécessaire à stocker et à distribuer l’énergie venant des sources solaires et éoliennes était encore dans ses balbutiements.

Pendant ce temps, Mme McKenna faisait valoir les vertus des solutions de rechange au charbon dans une série de gazouillis en fort contraste avec la position des États-Unis.

«La combustion du charbon est responsable de 41 pour cent des émissions mondiales. La source unique la plus importante au monde. Éliminer graduellement le charbon constitue une occasion immense», a-t-elle écrit.

La ministre a ajouté que le charbon était «le plus puissant carburant fossile dans le monde», et qu’il fallait travailler tous ensemble pour faire la transition vers des formes d’énergie plus propres.

Quelque 23 pays, États et Villes ont déjà éliminé le charbon ou ont un plan pour y arriver, incluant le Canada — avec un échéancier d’ici 2030 —, a-t-elle souligné.

Plus tard cette semaine, Mme McKenna et la ministre britannique Claire Perry doivent démarrer une alliance visant à rallier d’autres pays à signer une promesse d’abandonner le charbon comme source d’énergie.

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