Archives Vue satellite des Grands Lacs

Un rapport publié mardi fait état de la situation écologique inquiétante dans les Grands-Lacs. Et les Québécois devraient s’en inquiéter, selon une chercheuse qui vient de démontrer qu’une bonne partie de la pollution du fleuve Saint-Laurent vient de plusieurs centaines de kilomètres en amont.

Selon l’étude de la chercheuse d’Environnement Canada, Christiane Hudon, 42% du carbone organique et 47% de l’azote trouvés dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent proviennent du lac Ontario. Sa modélisation prend pourtant en compte les effets de dilution des contaminants durant les 500km de trajet, mais aussi les apports liés à l’érosion des berges, les eaux usées urbaines et l’apport d’une vingtaine de cours d’eau qui se jettent dans le fleuve Saint-Laurent en cours de route.

Ces contaminants sont issus en bonne partie des fertilisants utilisés en agriculture et de mauvais raccordements d’égouts. Ils favorisent la prolifération d’algues et diminuent les concentrations en oxygène du fleuve, ce qui a pour conséquence de nuire à la qualité de l’eau potable, à la biodiversité, ainsi qu’aux activités récréotouristiques, dont la baignade.

Ces résultats soulignent «la nécessité de réduire les sources diffuses de nutriments dans tout le bassin versant», indique la chercheuse dans le résumé de son étude publiée en septembre dernier dans la revue Biogeochemistry.

Qu’en est-il justement de la situation dans les Grands Lacs (dont le lac Ontario) qui alimentent le fleuve Saint-Laurent, source d’eau potable de millions de Québécois? Mardi, la Commission mixte internationale (CMI) chargée de surveiller l’avancement des travaux de réhabilitation des Grands Lacs a remis son premier rapport triennal depuis sa refonte en 2012.

Si la CMI félicite les gouvernements fédéraux du Canada et des États-Unis pour «les progrès remarquables qu’ils ont faits, notamment pour accélérer la décontamination de secteurs préoccupants», elle estime néanmoins qu’il «faut redoubler les efforts dans plusieurs domaines clés», notamment en ce qui concerne le lac Érié dont la qualité de l’eau demeure inacceptable à plusieurs endroits.

En conférence de presse téléphonique, la coprésidente américaine de la CMI, Lana Polack a demandé à l’Ohio de déclarer la zone occidentale du lac Érié comme étant altérée. Elle recommande en outre de forcer l’industrie agricole à adopter des normes d’épandage qui sont actuellement que volontaires. «Il faut que les entreprises contrevenantes soient tenues responsables», selon elle.

Or, le lac Érié se jette ensuite dans le lac Ontario qui alimente à son tour le fleuve Saint-Laurent. Rappelons qu’en 2014, les 400 000 habitants de Toledo, ville située au bord du lac Érié, avaient dû arrêter de consommer l’eau du robinet, même bouillie, à cause de la présence en concentration élevée de microcystine, une bactérie potentiellement mortelle.

«C’est le lac le plus problématique. Il est peu profond et concentre pourtant plusieurs problématiques qui font dire à plusieurs observateurs qu’on est en train de le perdre», note Alison Simard, directrice générale de la Coalition Eau secours! Si cette dernière se dit satisfaite du contenu du rapport, elle espère que «des mesures concrètes et chiffrées, avec des échéanciers précis, seront prises par le Canada et les États-Unis qui ont parfois trop tendance à se renvoyer la balle».

 

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