Mario Beauregard / Métro Sandra Desmeules, Sylvie Langlais et Christine Black.

Plus de 300 municipalités québécoises se sont déclarées alliées contre la violence conjugale au cours de la dernière année, un résultat qui dépasse les attentes du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC).

Au début de cette campagne de sensibilisation, le regroupement s’était donné comme objectif de rallier 200 villes et villages de la province.

«La violence conjugale est une problématique sociale, et le seul moyen de l’enrayer est de sensibiliser tous les acteurs de la société», a soutenu dimanche en conférence de presse Sylvie Langlais, présidente du RMFVVC.

«La violence conjugale est présente partout au Québec. Aucune région, aucun groupe n’est épargné, dans les grandes agglomérations comme dans de petites municipalités. Le message porté par les municipalités aura certainement un impact positif pour les victimes. Se sentant supportées par leur communauté, on peut penser qu’elles seront plus enclines à dénoncer.»

Les conseils municipaux des localités participantes s’engagent par résolution à lutter contre la violence conjugale, par la sensibilisation ou par des plans d’action concrets.

«En tant que gouvernement de proximité, il nous incombe d’appuyer les efforts de sensibilisation et de prévention auprès de la population, a affirmé Sandra Desmeules, conseillère municipale et membre du comité exécutif de Laval.

Dans cette ville, la lutte contre la violence conjugale s’est matérialisée en aide directe aux maisons d’hébergement, mais aussi en formation pour les policiers susceptibles d’intervenir en cas de violence familiale.

«Il faut des investissements dans les corps policiers, mais les villes peuvent aussi agir par des choses très banales qui ne demandent pas des investissements à outrance, comme libérer des locaux pour les mettre à la disposition des groupes de sensibilisation», a convenu Mme Langlais.

«On doit travailler sur les conditions qui permettent l’apparition de la violence: la pauvreté, l’emploi, la scolarité, a pour sa part plaidé Christine Black, mairesse de Montréal-Nord.

Dans cet arrondissement, près d’un crime contre la personne sur trois est un acte de violence conjugale et 376 cas ont été recensés l’an dernier, selon les chiffres fournis par Mme Black. Toutefois, ce nombre est en baisse de 26% par rapport aux chiffres de 2011. «Ce qui fonctionne, c’est lorsque tout le monde s’allie ensemble, a poursuivi la mairesse. Il faut travailler ensemble sur la thématique de la violence conjugale, mais aussi sur ce qui est tout autour. Au niveau municipal, on peut avoir beaucoup d’impact sur le soutien aux organismes et sur la création d’un environnement favorable à l’élimination des conditions d’émergences de la violence.»

Bien que la réalité de chaque municipalité soit différente, une approche à la grandeur de la province a l’avantage de mobiliser davantage d’acteurs.

«Chaque ville peut agir individuellement, mais on a également du pouvoir par le biais de l’Union des municipalités du Québec ou de la Fédération québécoise des municipalités, qui sont deux interlocuteurs privilégiés auprès du gouvernement provincial», a rappelé Jonathan Lavoie, maire et président de la Communauté maritime des Iles-de-la-Madeleine. On les moyens d’intervenir auprès des autres paliers afin de les sensibiliser à l’importance de l’enjeu et à l’ajout de ressources humaines et financières.»

La campagne du RMFVVC se poursuivra jusqu’en décembre 2018. On aimerait porter à 600 le nombre de municipalités alliées.

«L’objectif ultime est que tous les villes et villages du Québec deviennent des alliés contre la violence conjugale», a admis Sylvie Langlais.

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