OTTAWA – La sécheresse n’aura pas qu’un effet sur les revenus des agriculteurs dont les récoltes seront affectées; ce sont tous les Canadiens qui devront sortir davantage de billets de leurs poches, croit le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Le prix des fruits et légumes, du pain et de la viande risque de monter en flèche, alors que les agriculteurs craignent pour leur récoltes.

Le NPD s’inquiète de cette possible flambée du prix des aliments qui pourrait toucher l’ensemble du pays et exhorte le ministre de l’Agriculture à se faire plus présent sur le terrain.

La situation est particulièrement inquiétante en Ontario, surtout pour les producteurs de maïs, dont certains constatent des dommages irréversibles en raison de la chaleur et du manque de pluie. Mais le Québec et les provinces atlantiques pourraient également écoper, ont soutenu des députés néo-démocrates mardi.

Le porte-parole en matière d’agriculture, Malcolm Allen, a soutenu que le gouvernement conservateur n’était pas assez présent auprès des agriculteurs touchés. Il aimerait voir le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, s’investir davantage sur le terrain et qu’il s’abstienne de toucher au programme Agri-stabilité, destiné à compenser les agriculteurs lorsque leur production est affectée.

«Il ne fait aucun doute que les prix sont en train de monter», a signalé M. Allen. «Spécialement en ce qui a trait au bétail, aux produits de la viande, vous pourrez l’observer à travers le pays.»

Au bureau du ministre Ritz, on a voulu calmer le jeu.

«Alors qu’il est trop tôt pour déterminer à quel degré les producteurs seront affectés par les conditions sèches de croissance, notre gouvernement a demandé aux employés d’Agriculture Canada de surveiller la situation et de travailler avec les agriculteurs pour les soutenir durant cette période difficile», a indiqué le ministre dans une déclaration envoyée par courriel.

«Notre gouvernement continuera à être là pour les agriculteurs quand ils en ont besoin.»

Au Québec

La situation semble être plus problématique en Ontario qu’au Québec, cette dernière ayant bénéficié de plus de précipitations depuis le début de l’été.

Mais les conditions pourraient s’aggraver, selon la députée néo-démocrate de Berthier—Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, qui a spécifié avoir rencontré des agriculteurs de son comté.

«C’est vraiment chaud, il y a un manque de pluie. Ce n’est pas vraiment catastrophique, mais si ça continue, si on a des températures assez hautes qui continuent, on peut avoir des conséquences», a-t-elle indiqué.

Selon Rénald Levesque, directeur de l’intégration des programmes à la Financière Agricole du Québec, il n’y a toutefois pas lieu de s’alarmer de façon précipitée.

Si le temps sec se poursuivait, il pourrait effectivement y avoir des dommages, mais il est trop tôt pour en anticiper l’importance.

«C’est très difficile d’être capable d’évaluer l’ampleur de ces dommages-là. On n’est pas assez avancés dans l’année pour être capables d’avoir des prévisions qui sont fiables, présentement», a-t-il expliqué.

L’Outaouais est la région la plus mise à mal par Dame Nature cette année, a-t-il ajouté, et dans une moindre mesure, l’Abitibi-Témiscamingue.

Quant à la flambée des prix, il a souligné que le prix du maïs destiné aux bêtes était déjà en forte augmentation, mais que cela avait surtout à voir avec les pertes des agriculteurs du Midwest américain, principaux joueurs de cette industrie.

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