MONTRÉAL — La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) tourne le regard vers une année chargée, alors qu’elle compte profiter de la période électorale pour faire entendre ses revendications, comme la hausse du salaire minimum à 15$ l’heure.

Dans son bilan de 2017, la centrale syndicale se félicite pour la campagne qu’elle a menée sur cet enjeu, de même que sur l’abolition des clauses de disparité de traitement et sur la bonification du Régime de rentes du Québec.

Or, seule cette dernière a véritablement abouti, quand le gouvernement de Philippe Couillard a annoncé en novembre qu’il bonifierait son régime public de retraite.

En vertu du projet de loi déposé à l’automne, la rente passera d’un taux de remplacement du revenu de 25% à 33,33%.

Quant aux clauses «orphelin» des régimes de retraite et des assurances collectives, la FTQ espère qu’elles disparaîtront très prochainement, lors de la mise à jour de la Loi sur les normes du travail.

La FTQ juge «discriminatoire» ces clauses dans les contrats de travail qui permettent aux employeurs d’offrir des conditions moins généreuses aux employés embauchés après une date donnée.

Pour ce qui est du salaire minimum, il a été porté de 10,75$ à 11,25$ le 1er mai dernier. D’autres augmentations sont prévues, de façon graduelle, jusqu’à atteindre 50% du salaire horaire moyen en 2020, soit 12,45$.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, estime que ces hausses auraient été bien moindres sans la pression exercée par le milieu syndical et communautaire.

Il souligne que leur mobilisation ne s’essouffle pas, alors que «le paysage a beaucoup évolué au Canada» avec l’Ontario et l’Alberta qui porteront progressivement leur salaire minimum à 15$ l’heure.

«On est le lieu en Amérique du Nord qui est probablement le plus progressiste, avance-t-il. On en est bien fier, mais on a mis ça à mal au cours des dernières années. Il faut regagner certaines lettres de noblesse.»

Une année électorale à venir

S’il ne compte pas donner l’appui de son organisation à un parti électoral, Daniel Boyer a néanmoins l’intention de «jouer un rôle très actif» en vue du prochain scrutin.

«La FTQ n’a jamais été muette en période électorale», a-t-il rappelé en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Il espère qu’en accueillant des baisses d’impôts, les électeurs n’oublieront pas que celles-ci ont été dégagées à la suite de trois ans de «saccage des services publics».

Malgré le réinvestissement en santé et en éducation annoncé par le ministre des Finances, Carlos Leitao, la FTQ fait état d’un manque à gagner de 2,5G$ depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir.

M. Boyer reproche également au gouvernement de Philippe Couillard d’avoir «brimé les droits fondamentaux des travailleurs et des travailleuses» au cours de l’année qui vient de se conclure.

«On dirait que le gouvernement n’a pas compris les décisions de la Cour suprême sur les droits d’association, de négociation et de grève», s’est-il désolé.

«Il a imposé des retours au travail aux travailleurs et travailleuses de la construction, aux juristes de l’État; il a menacé les ingénieurs de l’État et les ambulanciers de loi spéciale», a-t-il illustré.

Un bilan fédéral décevant

Parmi les taches au dossier du gouvernement canadien en 2017, M. Boyer cite en exemple l’entente avec Netflix selon laquelle le géant américain de la diffusion en ligne ne se verra pas imposer la Taxe sur les produits et services (TPS).

Daniel Boyer évoque également la saga du système Phénix, qui envoie des paies erronées aux fonctionnaires fédéraux depuis bientôt deux ans.

Pour un gouvernement qui se voulait vert, celui de Justin Trudeau tarde également à s’imposer en tant que leader sur le plan de l’environnement, selon M. Boyer.

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