Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le gouvernement fédéral n’a pas l’intention de mettre fin prématurément aux travaux de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui vit des moments difficiles.

Dans une entrevue accordée cette semaine à La Presse canadienne, Justin Trudeau a admis que son gouvernement observe de près les travaux de cette commission fédérale, afin de s’assurer qu’elle dispose des moyens adéquats pour accomplir une tâche «très, très difficile». Mais pas question pour l’instant de mettre un terme à ces travaux ou de reprendre tout le processus depuis le début, a assuré le premier ministre.

M. Trudeau soutient qu’il a parlé avec des Autochtones venus témoigner devant la commission et qui ont eu des bons mots pour l’approche adoptée — celle de «placer les familles au coeur du processus».

La commission a confirmé la semaine dernière le départ de sa deuxième directrice générale, Debbie Reid, nommée en octobre trois mois après la démission de sa prédécesseure, Michèle Moreau, elle aussi pour «des raisons personnelles». L’Enquête nationale a connu une vague de démissions depuis le printemps dernier: une dizaine de personnes sont parties, et les quatre commissaires restantes se sont plaintes à plusieurs reprises de difficultés dues à la lenteur de la bureaucratie fédérale.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, Carolyn Bennett, s’est dite préoccupée par cette vague de départs, qui pourrait selon elle distraire la commission de son mandat premier. Mais Mme Bennett a promis de ne pas intervenir, afin de protéger l’indépendance de la commission.

Les conservateurs et les néo-démocrates croient qu’Ottawa devrait prendre les mesures qui s’imposent pour s’assurer que la commission est sur la bonne voie, d’autant plus qu’elle devrait bientôt demander une prolongation de son mandat — et des budgets supplémentaires.

Le gouvernement Trudeau a réservé un budget de 53,8 millions $ pour les deux ans de travaux de la commission, qui doit se pencher sur les causes systémiques de toutes formes de violence à l’égard des femmes et des filles autochtones au Canada.

Des survivants, des familles et des leaders autochtones ont demandé au gouvernement de reprendre carrément tout le processus. En décembre, des chefs des Premières Nations ont adopté une résolution qui réclamait le départ de la commissaire en chef, Marion Buller.

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