Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

SAN FRANCISCO — Le mouvement d’opposition à l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan a suivi Justin Trudeau en Californie. Des manifestants se sont réunis vendredi à l’extérieur de l’hôtel où le premier ministre participait à des rencontres avec des dirigeants de l’État.

Une douzaine de militants canadiens et américains ont brandi des pancartes sur lesquelles ils demandaient à M.Trudeau de changer sa décision sur le projet, tout en scandant des slogans anti-oléoducs.

Trois des manifestants ont réussi à entrer brièvement dans l’hôtel et se sont placés à l’extérieur de la salle où M.Trudeau rencontrait le gouverneur de la Californie, Jerry Brown.

M. Trudeau n’a aucunement laissé entendre qu’il serait prêt à reculer sur sa décision d’autoriser la construction de l’oléoduc.

L’une des manifestantes, Vanessa Butterworth, a encouragé M.Trudeau, qui dit vouloir protéger l’environnement, à passer de la parole aux actes en rejetant le projet de Kinder Morgan.

Ce message était bien différent de celui qu’a reçu M. Trudeau à l’intérieur de l’hôtel de la part de M. Brown et de son lieutenant-gouverneur, Gavin Newsom, pressenti pour remplacer le gouverneur à la fin de son mandat.

Lors de la séance de prises d’images, M. Brown a déclaré que son État et le Canada avaient beaucoup de travail à faire pendant que la Maison-Blanche «est absente temporairement en matière d’action sur le climat».

M. Newsom a quant à lui remercié le premier ministre Trudeau pour son «leadership à un moment où ce n’est pas perdu pour plusieurs d’entre nous dans la sphère politique.»

À l’instar de plus d’une dizaine d’États, la Californie a imposé un système de prix sur le carbone, dont le système de plafonnement et d’échange avec le Québec et l’Ontario.

M. Brown a fait part de son intention de conclure des ententes avec d’autres provinces et de promouvoir la croissance de véhicules zéro émission.

Une «crise» selon Scheer

Les tensions sur le développement du projet d’oléoduc de 7,4 milliards $ ont atteint leur sommet la semaine dernière, lorsque le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé la tenue d’autres consultations sur le sujet.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a réclamé un débat d’urgence, mais le vice-président de la Chambre, Bruce Stanton, lui a répondu que cet enjeu ne répondait pas aux critères.

«Nous pensons que la Chambre des communes doit pouvoir se réunir pour discuter de toutes les solutions possibles que le gouvernement fédéral peut proposer pour mettre fin à la crise», a déclaré M. Scheer vendredi.

Plus tôt dans la période de questions, Kim Rudd, le secrétaire parlementaire du ministre des Ressources naturelles, a assuré que le Canada ne laissera pas la province abandonner le projet.

«Toute décision du gouvernement de la Colombie-Britannique pour limiter le débit de bitume par l’oléoduc serait hors de la compétence de la province», a-t-il soutenu.

Le manifestant David Turnbull, du groupe Oil Change International, indique que les Américains sont aussi inquiets face à la construction de cet oléoduc.

«L’oléoduc Kinder Morgan, s’il est construit, augmenterait le trafic pétrolier sur la côte ouest, dont aux États-Unis le long de la baie de Seattle», a-t-il expliqué.

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