Josie Desmarais

MONTRÉAL — Des regroupements de chauffeurs de taxi craignent que le nouveau groupe de travail sur l’économie collaborative prépare une déréglementation de l’industrie, à la demande du gouvernement Couillard.

Vendredi dernier, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a annoncé la création de ce groupe de travail, qui a pour mandat de conseiller le gouvernement sur ses choix face à l’économie collaborative, pour éviter de traiter les dossiers cas par cas, comme ce qui a été fait avec Uber et Airbnb.

Le groupe, présidé par Guillaume Lavoie, chargé de cours à l’École nationale d’administration publique, pourra faire des recommandations au gouvernement, tant au plan fiscal que réglementaire, pour l’encadrement de ce type d’entreprises.

Mais deux regroupements de l’industrie du taxi craignent que les dés soient pipés et que le groupe de travail recommande la déréglementation, sous prétexte qu’elle est inévitable et qu’il faut suivre le courant.

«On a le sentiment qu’il y a une conclusion qui est déjà écrite d’avance par ce groupe de travail; c’est ça notre inquiétude», a résumé au cours d’une entrevue lundi Michel Aboujaoude, l’un des porte-parole du regroupement Taxis du Grand Montréal.

En fait, les deux regroupements, soit Taxis du Grand Montréal, qui représente 3000 voitures de taxi ou environ 4000 chauffeurs, et le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, qui représente 600 voitures et plus de 1200 chauffeurs, n’ont pas vraiment confiance au gouvernement, à cause de l’expérience qu’ils ont vécue avec le transporteur Uber.

«On a une mauvaise expérience avec le gouvernement concernant l’industrie du taxi. Et vraiment, on craint ça», a fait savoir M. Aboujaoude.

Les deux regroupements préféreraient que l’accent soit mis sur les discussions qui ont déjà été annoncées par le gouvernement du Québec pour dédommager les chauffeurs de taxi pour la perte de valeur de leur permis.

«Le gouvernement doit prioriser les travaux du groupe de travail existant sur la compensation financière à l’industrie du taxi», a opiné M. Aboujaoude.

«Rien n’est écrit à l’avance»

De son côté, le président du groupe de travail, Guillaume Lavoie, s’est défendu d’avoir des idées préconçues.

«Notre mandat est beaucoup plus large que seul Uber. On veut élargir à l’ensemble des pratiques et des réalités de l’économie collaborative. Il n’y a absolument aucune conclusion qui est écrite à l’avance, absolument pas», s’est défendu M. Lavoie.

Et il nie aussi tout préjugé favorable à Uber. «Absolument pas. Ça ne représente pas du tout ma position historique. J’ai beaucoup travaillé sur cet enjeu-là. J’enseigne sur cet enjeu-là. Je me suis exprimé publiquement au conseil de ville (de Montréal), à l’Assemblée nationale, et j’ai toujours dit qu’il fallait réglementer correctement les nouvelles industries collaboratives et, en même temps, saisir l’occasion de revoir, de repenser, de rendre plus efficace la réglementation touchant l’industrie traditionnelle dans tous les domaines», a plaidé M. Lavoie.

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