MONTRÉAL — Un coroner rappelle que les véhicules privés utilisés pour le covoiturage ne sont pas inspectés régulièrement, contrairement aux autobus, aux taxis et aux voitures en autopartage.

Le docteur Jean Brochu a tenu à faire cette mise au point dans son rapport sur la mort de Katy Torres Davila, de Gatineau.

En octobre 2016, la doctorante à l’Université d’Ottawa était passée par le service de covoiturage AmigoExpress afin de réserver une place dans une voiture à destination de Montréal, pour le congé de l’Action de grâces. Mme Torres Davila, âgée de 30 ans, est morte à la suite de la collision frontale entre le véhicule et une minifourgonnette, sur l’autoroute 40, à l’ouest de Montréal.

Le coroner rappelle à la population qu’«en dépit de tout ce qu’on lit sur le site d’AmigoExpress, le voyageur n’est pas du tout certain que le véhicule est en bon état et que le conducteur est compétent».

Le docteur Brochu note que le véhicule impliqué dans l’accident mortel n’avait que quatre ans et qu’il semblait à première vue en bon état. Or, une inspection après la collision a démontré que les freins étaient «usés à 100 pour cent» et les pneus arrière «absolument lisses». Le jour de l’accident, il pleuvait abondamment, et dès que la chaussée est devenue mouillée, la conductrice a perdu la maîtrise du véhicule, et la passagère a péri, rappelle le coroner.

La conductrice s’est prévalue de son droit de ne pas participer à l’enquête du coroner.

Dans son rapport, le docteur Brochu ne va pas jusqu’à recommander l’inspection obligatoire de tous les véhicules privés, comme cela se fait par exemple au Japon et dans plusieurs pays de l’Union européenne. Le coroner explique que cette recommandation a déjà été accueillie froidement par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

«On n’essaie pas de défoncer des portes absolument fermées», a-t-il reconnu en entrevue téléphonique, mardi. «Je ne suis pas sûr que le large public serait très content de se faire imposer l’inspection annuelle des véhicules.»

Être conscients des risques

Le coroner souhaite par contre que les usagers des services de covoiturage soient conscients des risques — ou du moins des inconnues liées à ce mode de transport économique.

«Il y a probablement des tonnes de bonnes personnes qui font affaire avec AmigoExpress, avec d’excellents véhicules, mais vous n’en avez aucune espèce de certitude, a-t-il soutenu. Il n’y a pas de façons faciles de vérifier avec un conducteur: est-ce que tu es compétent? As-tu perdu tes points de démérite? Comment est ton véhicule? Est-ce que c’est bien ce véhicule que tu vas amener?»

Le coroner Brochu admet que les conducteurs participants d’AmigoExpress doivent s’engager «à maintenir leur véhicule en bon état mécanique et en vérifier le bon fonctionnement avant chaque départ». Mais il s’agit parfois de voeux pieux, a-t-il estimé. «Comment quelqu’un peut se retrouver avec des freins usés à 100 pour cent, c’est-à-dire complètement partis, et des pneus absolument lisses sur l’essieu arrière — et ne pas être inquiet?»

Marc-Olivier Vachon, directeur général d’AmigoExpress, qui compte 480 000 membres, a indiqué qu’il serait favorable à des inspections mécaniques périodiques et obligatoires, et à une campagne de sensibilisation sur la sécurité routière.

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