Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

OTTAWA — Les importations américaines au Canada pourraient diminuer de 3,3 milliards $ en vertu de la nouvelle mouture du Partenariat transpacifique, a conclu le gouvernement fédéral, et certains observateurs craignent que cela nuise aux négociations entourant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Le texte de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) — l’entente commerciale de 11 pays qui remplace le PTP, dont les États-Unis se sont retirés l’an dernier — a été dévoilé tard mardi, et Affaires mondiales Canada s’est penché sur l’incidence qu’il pourrait avoir sur les négociations de l’ALÉNA, qui doivent reprendre dans cinq jours à Mexico.

L’administration Trump a souvent dénoncé les déficits commerciaux avec le Canada pour expliquer sa volonté de renégocier ou d’abandonner l’ALÉNA. Le gouvernement canadien n’est cependant pas de cet avis, et affirme que les statistiques n’appuient pas les allégations des Américains à ce sujet.

Mais la plus récente analyse du PTPGP prédit un recul des importations américaines au Canada.

«Dans le cadre du PTPGP, on ne s’attend pas à ce que les exportations canadiennes vers les États-Unis changent de façon importante, car les États-Unis ne sont pas partie au PTPGP. Il est toutefois probable que les importations canadiennes en provenance des États-Unis diminuent en raison de l’érosion de la préférence dont jouissent les États-Unis sur le marché canadien en vertu de l’ALÉNA», explique l’analyse d’Affaires mondiales Canada.

«Les importations canadiennes totales en provenance des États-Unis devraient chuter de 3,3 milliards $ en raison d’une baisse des importations de produits automobiles.»

Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces d’automobile du Canada, estime que cela va nuire au Canada lors de la prochaine ronde de l’ALÉNA, dans laquelle le secteur automobile reste un obstacle de taille entre le Canada et les États-Unis.

«Le rapport affirme que les importations américaines au Canada diminueraient de 3,3 milliards $, essentiellement dans le secteur automobile. Si cela est vrai, il s’agit d’un écart que les négociateurs américains voudront chercher à diminuer dans l’ALÉNA 2.0», a affirmé M. Volpe.

Les travailleurs et constructeurs du secteur automobile canadien sont critiques envers le PTPGP, notamment pour ce qui est de l’affirmation du gouvernement voulant qu’il ait obtenu un meilleur accès au marché japonais.

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a indiqué qu’une lettre d’accompagnement bilatérale avec le Japon garantissait au Canada un meilleur accès et enchâssait un mécanisme de résolution de conflits. Mais cette lettre d’accompagnement et d’autres, signées avec la Malaisie et l’Australie, n’ont pas encore été rendues publiques.

L’analyse du gouvernement affirme aussi que «la production du secteur automobile devrait progresser très modestement, de 206 millions $», avant de conclure que «l’incidence pour le secteur automobile est légère, avec une petite augmentation pour la production et les exportations».

M. Volpe a estimé que les gains prédits seraient insignifiants. Il calcule que ce gain n’atteindrait que 171 millions $ d’ici 2040.

«Dans le contexte, le secteur automobile canadien livre pour environ 85 milliards $ de biens par année. Cette augmentation sur 22 ans représente approximativement 0,2 pour cent de ce nombre et lorsqu’on tient compte des dynamiques de l’inflation, elle représente un sérieux déclin en dollars réels.»

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