HAPPY VALLEY-GOOSE BAY, T.-N.-L. — Les délinquants sexuels devraient être carrément bannis des communautés inuites, a soutenu mercredi la porte-parole d’un groupe de femmes, lors des audiences au Labrador de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Kim Campbell-McLean, directrice de l’Association régionale de femmes inuites AnanauKatiget Tumingit, a estimé que les communautés autochtones ont souvent tendance à banaliser, voire nier les agressions de tous genres. Elle soutient que les femmes devraient reprendre en mains leur communauté et faire savoir clairement aux délinquants sexuels qu’ils ne sont pas les bienvenus au village.

Mme Campbell-McLean soutient que les communautés inuites doivent dénoncer les agressions dès qu’elles surviennent, et que les agresseurs doivent répondre de leurs actes. Les communautés doivent aussi, selon elle, éduquer les enfants et les jeunes sur ce qui constitue une agression, afin qu’ils puissent l’identifier et la dénoncer.

La militante a aussi expliqué que les communautés inuites du Labrador, égrenées sur la côte est et donc isolées, ont besoin de financement fédéral pour mettre en place des refuges pour femmes.

Plus d’une vingtaine de survivantes et leurs proches doivent venir témoigner devant la commission lors de ces deux journées d’audiences à Happy Valley-Goose Bay, au Labrador. La plupart de ces témoignages seront toutefois livrés à huis clos. Lors des cérémonies d’ouverture, mercredi, la commissaire Qajaq Robinson a d’ailleurs remercié les participantes pour leur courage à venir témoigner et pour leur détermination à vouloir enseigner au pays ce qui doit être changé.

«Il ne s’agit pas d’un problème autochtone, a-t-elle dit, mais le résultat du colonialisme, d’idéologies et d’idées basées sur la thèse voulant que les Autochtones ne peuvent pas savoir ce qui est bon pour eux, et que d’autres peuvent décider à leur place.»

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a mis sur pied cette commission d’enquête tout de suite après son élection, à la fin de 2015. La commission, qui espérait remettre son rapport d’ici la fin de 2018, a demandé mardi à Ottawa une prolongation de deux ans de son mandat. Elle a entendu jusqu’ici plus de 760 témoins au cours de près de 250 audiences tenues dans différentes régions du pays.

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