Tara Walton Tara Walton / La Presse Canadienne

HAMILTON — Le premier ministre Justin Trudeau dit avoir plusieurs mesures à sa disposition, dont des tarifs, pour éviter que les producteurs d’acier à prix modique utilisent le Canada par la porte arrière pour transporter le métal aux États-Unis.

Lors d’un discours à Hamilton, la «ville de l’acier», seulement quelques jours après que le président américain Donald Trump eut décidé d’exempter le Canada des tarifs sur les importations d’acier et d’aluminium, M. Trudeau a rappelé qu’il travaillait sur ce dossier depuis deux ans déjà.

Des mesures ont été mises en place, dont l’imposition de contrôles frontaliers plus sévères pour s’assurer de surveiller l’arrivée de produits d’importation.

«Nous avons toute une série de tarifs et de droits compensateurs qui sont à notre disposition à l’avenir et nous nous assurons que nous n’acceptons pas au Canada de l’acier vendu ou produit injustement», a-t-il déclaré.

«Comme j’ai dit aux dirigeants du Congrès, comme j’ai dit au président la semaine dernière: nous sommes toujours contents de mieux nous coordonner et de travailler ensemble pour nous assurer que nous protégeons l’industrie de l’acier en Amérique du Nord.»

Selon le premier ministre, ce n’est pas nouveau qu’il y ait des surplus d’acier dans le marché mondial et avec les tarifs américains en place, certains pays pourraient vouloir passer par le Canada pour transporter l’acier aux États-Unis.

Mais le Canada demeurera à l’affût et travaillera avec ses partenaires de l’industrie et des États-Unis pour s’assurer que cela n’arrivera pas, a affirmé M. Trudeau.

De passage à Montréal, mardi, le ministre fédéral du Commerce international, François-Philippe Champagne, a soutenu que pour prévenir le dumping de l’acier, le Canada va continuer à être vigilant avec ses partenaires, «non seulement du Sud, mais également au niveau de l’OCDE».

Trudeau critique les arguments de Trump

Le premier ministre a répété mardi que l’argument de la sécurité nationale invoquée par la Maison-Blanche pour envisager des tarifs douaniers sur les importations canadiennes d’aluminium et d’acier ne tient pas la route.

M. Trudeau soutient qu’il répète au président américain Donald Trump depuis plus d’un an que ces importations ne constituent pas une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

«L’argument de la sécurité nationale ne tient pas pour ce qui concerne le Canada», a répété mardi M. Trudeau sur les ondes de la station CHCH, comme il l’avait fait la veille sur des réseaux américains. «Notre acier, notre aluminium sont dans leurs chars d’assaut, leurs navires et leurs avions.»

Interrogé à savoir s’il faisait confiance au président Trump, Justin Trudeau a déclaré que son vis-à-vis avait toujours tenu parole avec lui et qu’il avait toujours fait ce qu’il avait dit qu’il ferait.

Après sa visite dans une aluminerie de Saguenay lundi, le premier ministre poursuivait mardi à Hamilton, en Ontario, sa campagne pour rassurer les travailleurs canadiens des secteurs de l’aluminium et de l’acier. M. Trudeau a participé en matinée à une émission de la télévision locale, et il a visité plus tard l’aciérie Stelco.

Il a assisté un peu plus tard à une table ronde avec des dirigeants de l’industrie, avant de se rendre à une autre usine, celle de Dofasco.

«Nous allons nous assurer que l’acier canadien est de l’acier canadien», a-t-il déclaré à l’usine, où il a promis d’aider les travailleurs à mieux protéger leurs régimes de pension. Il n’a pas précisé ses intentions.

Le président Trump a récemment exempté le Canada et le Mexique des tarifs douaniers de 25 pour cent sur l’acier et de 10 pour cent sur l’aluminium, mais la Maison-Blanche garde cette carte dans sa manche jusqu’à nouvel ordre.

M. Trudeau a promis mardi matin de maintenir la pression sur le président Trump sur ces tarifs, mais aussi à la table de négociation pour un renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

La menace d’imposer des tarifs douaniers est perçue par des observateurs comme une tentative de Washington de faire pression sur le Canada et le Mexique à la table de négociations de l’ALÉNA.

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