Montrer l’intimidation, créer de l’empathie et favoriser les bonnes relations, telle est la mission des Ateliers 360, un projet pédagogique en réalité virtuelle créé par la Fondation Jasmin Roy qui vise à lutter contre l’intimidation scolaire.

Avec ce projet, l’acteur et fondateur de l’organisme, Jasmin Roy, entend aller plus loin dans la lutte contre l’intimidation en utilisant les nouvelles technologies pour accroître la force des images et donc, leur impact sur les jeunes. Puisque la réalité virtuelle est encore peu utilisée dans des pratiques pédagogiques et doit encore faire ses preuves, une équipe de chercheurs sera chargée d’étudier le nouvel outil promu par les Ateliers 360 sur 200 élèves pour comprendre son intérêt, mais aussi ses limites

«Ce que j’aime de cette approche, c’est que ce n’est pas de dire « on va montrer que ça marche ». On va essayer et on verra si ça fonctionne. Puis, on va aller rencontrer les jeunes pour savoir s’ils ont aimé ça», décrit le chercheur chargé de piloter l’étude, le post-doctorant Vincent Domon-Archambault.

Chaque capsule sera diffusée à une vingtaine d’élèves simultanément. Munis de caques de réalité virtuelle, ils assisteront à ces scènes en tant que témoin. La réalité virtuelle leur permettra d’avoir une vue à 360 degrés sur les situations. Si la technologie n’est pas utilisée à son plein potentiel, l’enjeu est surtout d’immerger les jeunes afin de retenir plus facilement leur attention.

Une dispute pendant un travail d’équipe, une altercation pendant un match de soccer ou deux jeunes qui se moquent d’un nouvel élève: les évènements ont voulu être le plus universels possibles pour toucher tout le monde, confie Jasmin Roy. Le comédien aurait voulu élargir ces situations au harcèlement à caractère homophobe ou raciste, mais il ne l’a pas fait pour des raisons budgétaires.

Pendant leur étude, les chercheurs présenteront les mêmes images sur d’autres plateformes pour évaluer si la réalité virtuelle a un impact plus grand sur les jeunes. Pour M. Domon-Archambault, la réalité virtuelle permet de susciter des émotions en plongeant les sujets dans des mises en situation réalistes et cohérentes. Reste à déterminer si l’immersion permettra d’accroître l’empathie des élèves et générer de bons comportements face à l’intimidation. Les premiers résultats de l’étude devraient être dévoilés à la fin de l’année.

Au-delà de l’aspect scientifique, Jasmin Roy espère aller toucher les jeunes et les inciter à intervenir lorsque’ils sont témoins d’intimidation. «[Dans les vidéos], on est interpelé. Il y a un appel à l’action. Qu’est ce que tu vas faire la prochaine fois que ça va arriver», demande-t-il.  L’acteur espère  que l’étude démontre des changements de comportement sur le long terme. Il espère que la réalité virtuelle pourra lutter efficacement contre l’intimidation scolaire.

La fondation est actuellement en train d’amasser des fonds pour pouvoir lancer son atelier dans les classes. Coûteux, il nécessite des casques de réalité virtuelle, des téléphones intelligents et un intervenant extérieur à l’école. Une journée de cinq ateliers coûtera 1000$. La fondation espère commencer ses activités dans les écoles à l’automne 2018.

 

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