Sean Kilpatrick Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA – La pièce d’un cent, qui aura été source de proverbes et d’expressions depuis des années, en plus d’avoir eu une place de choix dans les tirelires des enfants et contribué à l’achat de bonbons à toute une génération, a passé l’arme à gauche à l’âge de 154 ans, emportée par l’inflation.

Resteront sur le marché canadien les membres plus grands de sa famille: la pièce de cinq cents, celle de dix sous, le 25 cents, le huard et le deux dollars. La pièce de 50 cents, quant à elle, ne sort que très peu souvent.

L’arrêt de mort est tombé jeudi, avec le dépôt du budget fédéral, qui a annoncé la fin de la production de la «cenne noire», bien que sa disparition était pressentie depuis plusieurs années déjà.

Des sénateurs, députés, économistes et professeurs d’université ont examiné la pièce d’un cent au cours de la dernière décennie, concluant qu’elle ne valait pratiquement rien et était inutile, voire nuisible, pour plusieurs citoyens.

Une étude révélait que la pièce d’un cent coûtait plus de 100 millions $ par année à l’économie canadienne, une fois ajoutés les coûts de monnayage aux frais engagés pour la manipulation, le transport et l’entreposage.

L’an dernier, la Monnaie royale canadienne a dépensé 11 millions $ pour produire des centaines de millions de pièces d’un sou.

Un comité sénatorial indiquait dans un rapport en décembre 2010 que les consommateurs étaient nombreux à ne plus se servir des pièces d’un cent.

Ce sera toutefois l’inflation qui aura eu la peau de la pièce de monnaie, la privant petit à petit de 95 pour cent de sa valeur.

Dans les années 1950 et au début des années 1960 — bien avant que l’inflation ne commence à la ronger —, la pièce d’un cent occupait une place de choix dans la devise canadienne, particulièrement pour les enfants, qui pouvaient se procurer des sucreries pour quelques sous. Les bonbons et autres tablettes de chocolat coûtent toutefois au moins un dollar de nos jours, si ce n’est plus.

Les premières pièces d’un cent ont été frappées en 1858, soit près d’une décennie avant la naissance de la fédération canadienne. L’introduction de cette pièce de monnaie était une tentative de normaliser l’économie, qui utilisait à la fois les pièces britanniques et américaines, parfois même des dollars espagnols.

La taille du sou noir était plus imposante lors de son lancement, mais une soudaine hausse des prix du métal avait incité, en 1920, la Monnaie royale canadienne à la réduire à la taille actuelle.

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