LONDRES — Le premier ministre Justin Trudeau s’est joint à ses homologues du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, mercredi, pour présenter un front uni sur les enjeux sécuritaires les plus pressants pour ces pays et pour l’ordre international.

Au sommet de la liste figurent les cyberattaques, particulièrement celles menées par la Russie.

L’appel à l’action survient dans le cadre d’une rencontre à huis clos à Londres des quatre dirigeants, qui représentent — avec les États-Unis — le partenariat étroit de sécurité et de renseignement du Groupe des cinq («Five Eyes» en anglais).

La rencontre coïncide avec un avertissement des États-Unis et du Royaume-Uni cette semaine selon lequel la Russie a été impliquée dans un niveau sans précédent d’attaques et de cyberinfiltrations, notamment par les routeurs que plusieurs personnes utilisent à la maison.

La première ministre britannique Theresa May, qui avait convoqué la rencontre d’information, n’a pas tardé à prendre la Russie pour cible, accusant Moscou d’utiliser le cyberespace «dans un effort plus large pour attaquer et miner le système international».

Ces attaques ont pris de l’ampleur, a-t-elle ajouté, notamment avec une campagne de désinformation concertée dans la foulée de l’empoisonnement le mois dernier d’un ancien espion russe et de sa fille dans la ville britannique de Salisbury.

«Nous savons ce qu’ils font, et nous ne devrions pas douter qu’une telle cyberguerre représente l’un des défis les plus importants de notre ère», a dit Mme May, avant que les quatre dirigeants ne se réunissent derrière des portes closes au Centre national de cybersécurité du Royaume-Uni.

«Avec nos plus proches alliés, dont trois sont ici aujourd’hui, nous allons travailler sans relâche avec toutes les technologies à notre disposition pour empêcher les États violents et les acteurs non étatiques d’arriver à leurs fins», a affirmé la première ministre.

Défendre l’ordre mondial

Les trois autres dirigeants ont également réaffirmé leur engagement à travailler de concert pour se protéger contre les cyberattaques et, plus largement, défendre le système de règles et de normes auquel ils attribuent des décennies de paix, de stabilité et de prospérité.

«Il y a des gens ailleurs dans le monde, des pays, qui ne partagent pas nos valeurs, notre approche des libertés et de l’ordre fondé sur des lois», a dit M. Trudeau à ses homologues.

«Des partenaires et amis sur la même longueur d’onde comme nous quatre qui se rassemblent (…) offrent une réponse et une solidarité qui (sont) un message clair à ceux à travers le monde qui ne jouent pas selon les mêmes règles», a ajouté le premier ministre canadien.

Bien que le Canada ait accusé la Russie de désinformation et d’ingérence, notamment en Ukraine, les officiels ont été relativement silencieux quant à savoir si les Canadiens devraient s’inquiéter de pirates russes tentant de s’infiltrer dans leurs ordinateurs.

Questionné après la rencontre sur la menace que pourrait faire peser la Russie sur les routeurs et autres appareils personnels, M. Trudeau a affirmé que le gouvernement fédéral et le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) prenaient la cybersécurité très au sérieux.

«Le CST est une institution extraordinaire qui fait du bon travail pour maintenir les Canadiens en sécurité et nous allons continuer de nous assurer que les Canadiens sont informés de toutes mesures additionnelles qu’ils doivent prendre», a affirmé M. Trudeau en entrevue.

Dans son plus récent budget, en février, le gouvernement libéral a prévu 507 millions $ sur cinq ans pour sa stratégie sur la cybersécurité, la majeure partie de l’argent devant aller au CST pour créer un centre fédéral sur la cybersécurité.

Le gouvernement a aussi proposé de nouveaux pouvoirs pour l’agence du renseignement électronique qui lui permettraient de mener des cyberoffensives, plutôt qu’uniquement se défendre contre les attaques.

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