JOHN WOODS / La Presse Canadienne Chrystia Freeland

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland perçoit les tensions entre les pays démocratiques et autoritaires comme un conflit charnière de notre époque, et selon elle, c’est la Russie qui en est responsable.

Ce choc des idées sera certainement abordé lors de la rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays du G7, qui se tiendra dimanche à Toronto.

Selon Mme Freeland, c’est le président Vladimir Poutine qui est à l’origine de plusieurs perturbations géopolitiques dans le monde.

Les ministres du G7 discuteront sans doute de l’affaissement de la démocratie au Venezuela, des possibles crimes de guerre commis contre les musulmans Rohingyas en Birmanie, de la guerre civile en Syrie, de la crise au Moyen-Orient et du conflit avec la Corée du Nord.

Mais Mme Freeland a déjà signifié que la Russie — un pays qu’elle a bien connu lorsqu’elle était journaliste et qu’elle critique sans relâche depuis son entrée en politique — sera son principal sujet de prédilection lorsqu’elle recevra les ministres en fin de semaine.

«Construire un monde plus pacifique et sécuritaire» est le slogan de la ministre Freeland pour cette rencontre, qui mettra la table en vue du sommet du G7, qui sera présidé par le premier ministre Justin Trudeau en juin, dans la région de Charlevoix.

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, sera aussi à Toronto pour rencontrer ses homologues des pays G7, qui doivent discuter de la menace terroriste.

Selon Mme Freeland, il sera possible de ramener la paix et la sécurité en confrontant «l’un des débats les plus charnières de notre époque, celui entre la démocratie et l’autoritarisme.»

«Plusieurs d’entre nous pensions que ce débat avait été clos en 1989 et 1991» avait récemment affirmé Mme Freeland devant des étudiants de l’Université de Toronto. Mais on ne dirait pas de nos jours. Et je crois que c’est un enjeu pertinent et important à soulever avec le G7.»

Une fervente critique de la Russie

Chrystia Freeland, une Canadienne d’origine ukrainienne qui parle plusieurs langues dont le russe, avait raconté aux étudiants comment ses séjours en Russie dans les années 1990 avaient été formateurs pour elle.

«Observer l’effondrement du plus grand régime communiste dans le monde et observer ensuite cet effort pour rebâtir quelque chose a profondément influencé ma pensée, dont cette tension entre la démocratie et l’autoritarisme», avait-elle expliqué.

Comme ses alliés, le Canada a récemment choisi d’expulser des diplomates de la Russie, qui est soupçonnée d’avoir tenté d’empoisonner l’agent double Sergeï Skripal et sa fille Yulia au Royaume-Uni.

La Russie rejette toute responsabilité, mais Mme Freeland et d’autres pays n’en croient rien.

Justin Trudeau a aussi expliqué avoir pris cette décision en raison de ce qu’il décrit comme une campagne de désinformation de la Russie contre la ministre Freeland. Chrystia Freeland est depuis quelque temps interdite de séjour en Russie en raison de ses reportages critiques envers M. Poutine.

Chrystia Freeland recevra ses homologues du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon et de l’Union européenne. Les États-Unis seront représentés par le secrétaire d’État adjoint John Sullivan, étant donné que la nomination du candidat de Donald Trump, Mike Pompeo, comme secrétaire d’État n’a pas encore été confirmée par le Congrès.

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