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QUÉBEC — L’opposition péquiste a dénoncé mardi ce qu’elle a qualifié de nominations partisanes de nombreux jeunes aux conseils d’administration des sociétés d’État effectuées par le gouvernement Couillard au cours des dernières années.

Selon les données recueillies par le PQ, la plupart des jeunes de moins de 35 ans nommés aux conseils d’administration des sociétés d’État par le gouvernement depuis 2016 avaient des liens avec le Parti libéral du Québec (PLQ).

«Les seuls jeunes compétents sont des jeunes libéraux» aux yeux du gouvernement, a fait valoir la députée péquiste Catherine Fournier, lors de l’étude des crédits 2018-2019 des programmes jeunesse du gouvernement, qui sont sous la responsabilité directe du premier ministre Philippe Couillard.

Le thème des nominations partisanes a donné lieu à un échange corsé entre les deux élus.

Le premier ministre a été visiblement piqué au vif par les questions pointues et insistantes formulées par la jeune députée de 26 ans, qui ne s’en est pas laissé imposer.

Contrarié, le premier ministre a tenté de rabrouer la députée, en se disant «extrêmement déçu» des conclusions qu’elle tirait de ces nominations basées selon lui sur la compétence uniquement.

«Je suis excessivement déçu d’entendre la plus jeune députée de l’Assemblée se comporter de cette façon. Je pensais entendre de sa part la politique faite autrement», a soutenu M. Couillard.

Le premier ministre a dit que la compétence était le critère retenu pour choisir les candidats aux conseils d’administration.

Il a reproché à Mme Fournier, elle-même une jeune femme, de vouloir «pénaliser les jeunes qui s’engagent».

Avec aplomb, Mme Fournier a répliqué qu’il n’y avait pas que les jeunes proches du PLQ qui étaient prêts à s’engager pour le service public, critiquant au passage le mode de sélection des candidats.

La députée de Marie-Victorin lui a demandé si le nombre élevé de nominations de personnes âgées de moins de 35 ans liées à son parti était «le fruit du hasard», en lui reprochant du même souffle «d’instrumentaliser les jeunes» pour faire «perdurer une espèce de système de copinage» au profit des libéraux.

M. Couillard est passé à l’attaque en affirmant que son gouvernement avait fait bien peu de nominations partisanes, contrairement aux gouvernements péquistes passés qui eux nommaient leurs amis, procédant à des «congédiements disgracieux».

Avec des gouvernements péquistes, on assistait à «une purge», une «hécatombe», selon le premier ministre, toujours soucieux de défendre l’intégrité de son gouvernement.

Mme Fournier n’a pas bronché. Selon elle, une fois qu’ils occupent des fonctions au coeur du pouvoir des sociétés d’État, ces jeunes ont un rôle d’influence, contribuent à façonner «l’orientation idéologique» de ces organismes, dans le sens des intérêts du gouvernement.

D’entrée de jeu, M. Couillard avait vanté le fait que son gouvernement libéral avait adopté en 2016 une loi favorisant une place accrue aux jeunes sur les conseils d’administration des sociétés d’État.

«Rappelons que nous sommes, je crois, audacieux, à l’avant-garde et qu’on a posé des gestes structurants sur le long terme, comme les places réservées aux jeunes de moins de 35 ans sur les conseils d’administration des sociétés d’État», a-t-il commenté.

Une excellente initiative, a enchaîné Mme Fournier, mais «il ne fallait pas que cette loi-là soit simplement un outil pour placer des jeunes libéraux dans des postes d’importance, dans des postes de pouvoir».

Depuis que la loi a été adoptée, 13 sociétés d’État sur 23 ont au moins un administrateur qui avait 35 ans ou moins au moment de leur nomination, tandis que 18 administrateurs actuels de sociétés d’État avaient 35 ou moins au moment de leur nomination et 12 administrateurs de sociétés d’État ont 35 ou moins, présentement.

Selon les calculs faits par le PQ, sur un total de 11 nominations analysées, six jeunes avaient «des liens directs» avec le PLQ.

Dans la liste, on trouve notamment les noms de Mia Homsy, ex-attachée politique de l’ancien ministre Raymond Bachand, nommée à l’Institut du Québec, Frédéric Barriault, ex-membre de l’aile jeunesse du PLQ, et Marc-André L’Allier, ex-responsable des communications pour l’aile jeunesse du PLQ.

«On peut aussi penser à Hugo Delorme, qui est à la Société de la Place des Arts de Montréal, mais également à la Société des loteries. M. Delorme est un ancien attaché politique, lui aussi, avec (l’ex-ministre) Alain Paquet, en 2003-2004. Il a fait plusieurs dons au Parti libéral du Québec», a énuméré Mme Fournier.

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