François Lemieux/TC Media

QUÉBEC — Les Québécois ont payé 2,5 milliards $ en trop en achetant de l’énergie alternative, telle que l’éolien, plutôt que celle provenant des grands barrages hydroélectriques, conclut la vérificatrice générale.

Dans un rapport déposé mercredi à l’Assemblée nationale, Guylaine Leclerc note que les décisions gouvernementales ont eu un effet sur les tarifs d’électricité.

Les gouvernements Charest et Marois ont adopté successivement plusieurs décrets visant l’approvisionnement d’électricité provenant de sources telles que l’éolien, la biomasse ou de petites centrales hydroélectriques.

Ces décrets ont mené à la signature de contrats fermes qui restent intouchables aujourd’hui, même si Hydro-Québec n’a pas besoin de cette électricité, a expliqué la vérificatrice.

«L’impact, c’est ce qui vous est présenté dans le rapport, c’est 2,5 milliards $ d’achats d’électricité, de coûts supplémentaires liés au fait qu’on a acheté des blocs d’électricité postpatrimoniale plutôt que de l’électricité patrimoniale» qui est trois fois moins chère, a-t-elle déclaré en conférence de presse.

Ce montant «a été récupéré dans les tarifs d’électricité», a-t-elle précisé.

Hydro-Québec prévoit des surplus énergétiques pour les 10 prochaines années. En conséquence, écrit Mme Leclerc, «la situation observée (…) se prolongera sur plusieurs années», soit jusqu’en 2026.

Par ailleurs, la vérificatrice générale a évalué que des écarts de rendement favorables à la société d’État ont atteint 1,5 milliard $ de 2005 à 2017.

Elle a expliqué que les coûts prévus par Hydro-Québec ont été surévalués pendant toutes ces années, à l’exception de 2006 et 2007.

Cela a permis à Hydro-Québec de verser 1,1 milliard $ de dividendes supplémentaires au gouvernement.

Bien qu’Hydro-Québec ait récemment mis en place un mécanisme de partage des écarts de rendement, cela ne permettra pas «d’éviter» d’autres écarts à l’avenir, a prévenu Mme Leclerc. Cela ne voudra pas dire non plus que les consommateurs seront remboursés pour les frais facturés en trop.

«Il faut comprendre que ce ne sera pas un remboursement, ça va être une application sur les tarifs futurs, a-t-elle dit. L’application de 2017 va être en 2019.»

Réagissant au rapport de la vérificatrice générale mercredi, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, a défendu la décision des gouvernements d’investir dans les énergies alternatives.

«C’est un choix judicieux, a-t-il dit. La plupart de cette énergie est produite en région pour créer des emplois et du développement économique.»

«L’énergie éolienne a atteint un coup de production très compétitif et le Québec est le leader éolien de la côte est américaine, a renchéri par communiqué Jean-François Samray, président-directeur général de l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER). Cela nous permet d’être excessivement bien positionnés pour bénéficier de la transition énergétique continentale.»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a quant à lui été mordant. «Le PQ et le PLQ ont fait de la petite politique pour acheter des votes entre autres en Gaspésie en produisant de l’électricité qui n’a pas servi et qui a coûté 2,5 milliards $», a-t-il tranché.

Hydro-Québec comptait 4,3 millions d’abonnements au Québec au 31 décembre 2017, pour des revenus annuels de vente d’électricité de plus de 11 milliards $.

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