Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

La direction de l’Université du Québec à Trois-Rivières accepte de donner une dernière chance à la médiation et de lever immédiatement le lock-out de ses professeurs qu’elle avait décrété au début du mois.

Au cours d’un point de presse mercredi, le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, a soutenu avoir accepté de donner cette «ultime chance» à la médiation après avoir obtenu un «engagement ferme» de la part du premier ministre Philippe Couillard et de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David: si cette médiation ne mène pas à un règlement négocié, il y aura dépôt d’une loi spéciale avant la fin de la présente session parlementaire, a rapporté le recteur.

Mais la ministre David a plutôt attribué à «la multiplication des interventions» le fait que le lock-out ait finalement été levé, comme la plupart des observateurs le demandaient. Elle-même s’était d’ailleurs rendue à Trois-Rivières mardi.

Le lock-out des 445 professeurs de l’UQTR avait été décrété par la direction le 2 mai dernier, alors que les professeurs devaient se prononcer sur un mandat de grève.

Le conciliateur François Corriveau avait déjà été affecté au dossier par le ministère du Travail, le 23 décembre dernier. Puis, devant le peu de progrès dans les discussions, la ministre Dominique Vien avait ensuite affecté au dossier le médiateur Gilles Lachance, le 1er mai dernier.

La convention collective des professeurs est échue depuis le 31 mai 2017. Les questions de la charge de travail des professeurs et du nombre de postes de professeurs sont en litige.

De son côté, le président du Syndicat des professeurs de l’UQTR, Ismail Biskri, s’est dit «optimiste que ça se règle» maintenant. «C’est ça qu’on demandait depuis bien longtemps: la levée du lock-out», a-t-il commenté au cours d’un point de presse.

«La raison commence à prendre sa place», a-t-il ajouté, assurant de la bonne foi de son comité de négociation. «Ce lock-out n’avait aucune raison d’être.»

Le recteur McMahon, quant à lui, a affirmé que c’est même lui qui avait demandé au gouvernement d’adopter une loi spéciale.

Néanmoins, il s’est dit «extrêmement heureux» de lever le lock-out et de donner cette «ultime chance à la médiation en cours» grâce à l’engagement obtenu du gouvernement Couillard.

«Nous sommes deux hommes d’honneur», a affirmé M. McMahon, en affirmant avoir obtenu un engagement personnel de la part du premier ministre qui légiférera s’il n’y a pas d’entente entre les parties à la suite de cette ultime tentative de médiation.

La ministre David a surtout tenté d’apaiser les tensions. «Ce qui est important, c’est le résultat, le sérieux que nous y avons tous mis ensemble. Il a décidé de le lever ce matin (le lock-out), nous devons nous en réjouir», a-t-elle dit.

«On s’est donné un mois pour continuer. On a donné une sorte d’échéancier», a prévenu la ministre de l’Enseignement supérieur.

Mme David s’est réjouie pour les étudiants, qui «vont pouvoir finir leur session», avoir leurs notes et poursuivre leur cheminement.

Les partis d’opposition, quant à eux, se sont interrogés sur les chances de voir cette ultime médiation aboutir.

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