The Associated Press

OTTAWA — La situation des enfants de migrants séparés de leurs parents aux États-Unis est «tout simplement inacceptable», a affirmé le ministre Marc Garneau mardi.

Il est le premier au sein du gouvernement Trudeau à critiquer ouvertement cette pratique implantée par l’administration Trump.

Les libéraux ont essuyé, pour une deuxième journée consécutive, de nombreuses questions des néo-démocrates leur demandant de suspendre l’Entente sur les tiers pays sûrs lors de la période des questions, mardi.

En vertu de cette entente, la plupart des demandeurs d’asile qui arrivent au Canada en provenance des États-Unis en passant par les aéroports et les postes frontaliers sont repoussés. Ils doivent plutôt faire leur demande de statut de réfugié aux États-Unis, le premier pays où ils ont mis le pied. C’est ce qui inciterait de nombreux demandeurs d’asile à traverser la frontière de façon irrégulière au chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle.

Or, les néo-démocrates soutiennent que le Canada ne peut plus considérer les États-Unis comme un pays sûr pour les demandeurs d’asile. Environ 2000 enfants ont été séparés de force de leurs parents entrés illégalement aux États-Unis, en avril et en mai.

Le ministre Hussen a répondu que le gouvernement continuait d’évaluer la situation tout en soulignant que «tous les Canadiens sont troublés par les images» en provenance des États-Unis, que «la vie de ces enfants est précieuse» et que «nous devons avant tout penser à leur sécurité et leur bien-être».

Des lignes reprises par le ministre Garneau, qui a ajouté «ce qui se passe aux États-Unis est tout simplement inacceptable».

Le gouvernement semble donc durcir le ton envers l’administration Trump.

À la sortie du Cabinet une heure auparavant, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait refusé de répondre aux questions des journalistes à ce sujet. Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, avait quant à lui insisté sur le fait que le Canada est un fier promoteur des droits de la personne sans toutefois aller jusqu’à condamner les États-Unis.

Le premier ministre Justin Trudeau s’était monté prudent la veille en réponse aux questions du Nouveau Parti démocratique (NPD), citant l’importance de conserver une bonne relation avec les États-Unis.

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