OTTAWA – Statistique Canada s’apprête à raconter les 30 dernières années de l’histoire économique du Canada, un exercice qui permettra également d’en savoir davantage à propos de certains sombres concepts d’économie.

À partir de lundi matin, l’agence fédérale publiera une étude approfondie des données économiques des 30 dernières années, en plus d’introduire de nouvelles mesures et de modifier la définition de certaines autres.

L’exercice a commencé il y a deux ans et il vise à se conformer aux nouvelles exigences internationales en matière économique, mises sur pied en 2008. À l’instar de l’Australie, le Canada deviendra un pionnier en adoptant cette nouvelle manière de mesurer les performances économiques.

Les États-Unis et l’Europe se sont engagés à faire de même dès 2013 et 2014, respectivement.

Selon les économistes, il s’agit d’un changement important, qui ne modifiera toutefois pas la manière dont les Canadiens perçoivent la posture économique de leur pays, actuellement et dans le passé.

Les chiffres à propos du produit intérieur brut devraient augmenter, en partie en raison de l’immobilisation de la recherche et du développement et de l’ajout de certains services dans l’inventaire des exportations.

D’un point de vue général, toutefois, le Canada ne réécrit pas l’histoire. Les nouvelles données seront tirées d’études consciencieuses des récessions du début des années 80 et 90, des reprises qui les ont suivies, de la crise économique de 2008 et du lent regain qui a suivi.

«Il n’y aura pas de changements majeurs dans l’histoire économique du Canada», a assuré le directeur de la division des comptes des revenus et des dépenses, Jim Tebrake.

«Il y a des changements observés d’un trimestre à l’autre, mais rien de significatif. Le cycle économique reste le cycle économique.»

L’exercice est pertinent, car il permet de fournir aux décideurs et aux analystes une image plus précise du déclin et du déroulement des mouvements économiques, estime l’économiste et conseiller de Toronto, Paul Jacobson.

Une période d’adaptation sera cependant nécessaire. L’économiste en chef de la banque CIBC, Avery Shenfeld, compare cette transition à celle des Celsius vers les Fahrenheit. L’analogie est pertinente, car l’un des avantages de cette conversion sera la possibilité, pour les pays, de comparer leurs données économiques plus facilement.

Les économistes auront eux aussi à s’adapter, et M. Jacobson explique avoir prévu un séminaire de quatre heures à ce sujet le mois prochain.

«J’avertis tout le monde depuis des mois: ce sera un grand changement, a-t-il rappelé. Mais personne ne semble inquiet. Pourtant, tous les identifiants que les gens utilisent seront changés, toutes les matrices seront modifiées.»

M. Jacobson croit que l’exercice en vaudra la peine, car il permettra de mieux comprendre les changements.

Le nouveau système permet de séparer les exportations en 35 catégories, et non sept, comme le veut la pratique actuelle. Pour les dépenses personnelles de consommation, Statistique Canada prévoit 100 sous-catégories à considérer par les analystes, une hausse par rapport aux 38 catégories actuelles.

Le secteur des affaires sera séparé en deux groupes, soit ceux des sociétés financières et sociétés non financières. Le revenu des ménages deviendra également plus précis, car il aura sa propre catégorie.

Les changements prévoient la redéfinition des catégories et l’adoption d’une nouvelle terminologie. Les expressions «bénéfices des sociétés», «revenu du travail» et «dépenses personnelles de consommation» ne seront plus utilisées.

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