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DORVAL, Qc — Un petit aéronef qui s’était écrasé au nord-ouest de l’aéroport de Schefferville, en avril 2017, a heurté des fils électriques parce que les pilotes volaient trop bas, conclut le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST).

Les deux pilotes de l’appareil avaient péri dans l’accident. Le rapport du BST met en évidence les risques associés aux vols à basse altitude.

Le 30 avril 2017, un aéronef Piper Navajo de la compagnie Exact Air effectuait son deuxième vol de relevés de la journée, avec deux pilotes à son bord. Ces vols de relevés magnétométriques, pour déceler les gisements de fer, sont habituellement effectués à une altitude de 90 mètres. Or, durant son vol de retour à Schefferville, l’avion a survolé le sol à des altitudes allant de 12 à 30 mètres, lit-on dans le rapport du BST. C’est là que l’appareil a percuté des lignes de transport d’électricité et est entré en collision avec un dépôt de résidus miniers, au nord-ouest de l’aéroport de Schefferville.

Dans son rapport d’enquête, le BST estime que «la recherche de sensations, la fatigue mentale et une perception faussée des risques ont probablement contribué à la décision du pilote» de voler à une altitude de 12 à 30 mètres au-dessus du sol, «et de maintenir cette altitude jusqu’à ce qu’il percute les lignes».

Selon le BST, il est très probable que les pilotes ignoraient que des lignes de transport d’électricité croisaient leur trajectoire à une vingtaine de mètres au-dessus du sol. Le pilote aux commandes n’a pas détecté les lignes à temps pour les éviter et les a percutés, conclut l’agence.

Par ailleurs, il appert qu’Exact Air ne savait pas que ces pilotes «volaient souvent à de très basses altitudes entre les zones de travail et l’aéroport»: l’appareil n’était pas muni d’un système d’enregistrement des données de vol léger, car la réglementation ne l’exige pas. Le BST recommande d’ailleurs l’installation obligatoire de tels systèmes d’enregistrement des données de vol légers.

D’autre part, aucun signal de la radiobalise de repérage d’urgence n’a été relevé après l’écrasement, qui n’a pourtant pas été suivi d’un incendie. L’enquête du BST a permis d’établir que l’impact avait causé des dommages à l’antenne et au câble de la radiobalise. Le BST avait déjà recommandé aux instances de réglementation canadiennes et internationales, en 2016, l’imposition de normes rigoureuses de résistance à l’impact pour ces radiobalises.

De son côté, Exact Air a informé son personnel des risques associés aux vols à basse altitude.

L’avion était piloté par Francis Boisseau-Tremblay, âgé de 25 ans, de Saguenay, et Antoine Gilet, âgé de 24 ans, un Français domicilié à Saguenay. La base principale d’Exact Air est située à l’aéroport de Saint-Honoré, au Saguenay.

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